mercredi 17 juin 2009

Les ossements n'étaient pas ceux d'un Homo habilis

Le premier homme apparu en Asie il y a 1,6 million d'années était un Homo erectus.

Des restes plus anciens décrits comme humains il y a 14 ans par Russel Ciochon appartiennent finalement à une espèce de singe inconnue, a affirmé ce paléoanthropologue mercredi.

M. Ciochon et d'autres paléanthropologues avaient examiné en 1992 une mandibule vieille de 1,9 million d'années découverte sur le site de Longgupo, en Chine centrale. Ils avaient conclu trois ans plus tard qu'elle appartenait à une forme asiatique d'Homo habilis, un hominidé plus primitif qu'Homo erectus.

Leur théorie s'appuyait sur le fait que la mandibule était trop petite pour appartenir à un orang-outan. Elle s'apparentait plutôt à une espèce de singe aujourd'hui éteinte, Lufengpithecus, mais dont les restes retrouvés dans le sud-ouest de la Chine (province du Yunnan) ne sont âgés que de sept à neuf millions d'années.

«Quelques outils possibles en pierre sur le site (de Longgupo) paraissaient également aller dans le sens d'une classification humaine», explique mercredi le scientifique américain dans la revue «Nature».

Erreur reconnue

Aujourd'hui, M. Ciochon, qui dirige le département d'anthropologie à l'université de l'Iowa, pense qu'il s'est trompé. Notamment parce que les deux grands sites connus d'Homo erectus se situent respectivement au sud et au nord de la forêt tropicale, à Sangiran sur l'île de Java (Indonésie) et à Zhoukoudian près de Pékin.

L'homme de Sangiran est vieux de 1,6 million d'années tandis que celui de Pékin est âgé de 780 000 ans.

Homo erectus «chassait des animaux dans des savanes ouvertes, et ne pénétrait pas dans la forêt tropicale dense», affirme aujourd'hui l'anthropologue. Quant à l'appartenance de la mandibule de Longgupo, elle reste un mystère, mais des restes de la même espèce pourraient avoir été découverts sur deux autres sites, en Chine et au Vietnam.

Parmi les espèces de primates vivant il y a près de deux millions d'années dans la forêt tropicale du sud-est asiatique se trouvaient un singe très grand, Gigantopithecus et donc au moins une autre espèce non encore décrite. Aujourd'hui, il ne reste plus que le gibbon et l'orang-outan, menacé.

Source : 20mn.ch du 17/06/2009