jeudi 31 décembre 2009

Découverte scientifique de l'année


Le magazine Science a décerné le titre de «découverte scientifique de l’année 2009» à Ardi, cette femelle hominidé haute comme trois pommes (1,20 m) qui vivait il y a 4,4 millions d’années dans ce qui est aujourd’hui le rift de l’Afar, en Éthiopie. Une distinction qui récompense l’exceptionnel travail de reconstitution effectué par une équipe de 47 chercheurs anglais, américains, canadiens, éthiopiens, français et japonais depuis la mise au jour de son squelette quasi complet en 1995, le plus ancien connu à ce jour. Celui de Lucy, la célèbre australopithèque, découvert vingt ans plus tôt dans le même secteur, date en effet de 3,2 millions d’années.

Pas moins de quinze années auront été nécessaires pour extraire et étudier à la loupe les 125 ossements particulièrement friables et fragiles de la belle Ardi, de son vrai nom Ardipithecus ramidus. Cette nouvelle espèce d’hominidé, dont la première trace fossile - une simple dent - a été exhumée en décembre 1992, toujours dans l’Afar, par un membre de l’équipe du paléontologue américain Tim White, bouscule ce que l’on croyait connaître sur les ancêtres des grands singes (chimpanzé, gorille…) et de la lignée humaine. Ardi n’est en effet ni une australopithèque, comme Lucy, ni une représentante du genre Homo. Elle offre un mélange inédit de traits primitifs hérités de ses ancêtres et de traits modernes que l’on retrouve chez des hominidés plus récents. Résultat : il faudra remonter au moins deux millions d’années en arrière pour espérer retrouver l’ancêtre commun aux hommes et aux grands singes.

Source : Le Figaro du 31.12.2009