vendredi 19 mars 2010

Flores en quête de ses premiers habitants

L'île de Flores, en Indonésie, aurait été peuplée pour la première dois il y a au moins un million d'années. Cette nouvelle date repousse l'âge des ancêtres présumés du petit homme de Flores.

Le site de fouilles de Wolo Sege, à Flores, et la comparaison de la taille du crâne de l'homme de Flores et d'un Homo sapiens.

Les ancêtres de l’hominidé de Flores, célèbre pour sa taille réduite et surtout sa petite tête, seraient arrivés sur cette île indonésienne il y a au moins un million d’années. Une nouvelle découverte, une cinquantaine d’artefacts et d’éclats de pierre utilisés comme outils, repousse d’au moins 120.000 ans l’histoire de la colonisation de Flores par des hominidés.

D’après les datations effectuées dans la grotte de Liang Bua, où ont été découverts en 2004 les fossiles des petits habitants de Flores, Homo floresiensis vivait il y a entre 95.000 et 17.000 ans. Cependant des artefacts de pierre mis au jour en 2005 sur un autre site de Flores, Mata Menge, faisaient remonter la présence d’hominidés à 880.000 ans.

A quelques centaines de mètres, à Wolo Siege, de nouveaux objets de pierre ont été découverts. La datation de la couche volcanique qui les recouvre indique un âge d’au moins un million d’années, rapportent Adam Brumm, Michael Morwood (Université de Wollongong, Australie) et leurs collègues dans la revue Nature publiée aujourd’hui.

Il est peu probable que l’île de Flores ait été colonisée par plusieurs groupes de populations. Ceux qui ont utilisés ces artefacts seraient donc les ancêtres d’Homo floresiensis. Qui étaient-ils ? La première hypothèse avancée fut celle d’Homo erectus, dont la présence en Indonésie a été établie. Cependant les études des os du "nain" de Flores révèlent un étonnant mélange de caractères modernes et très primitifs. Serait-il le descendant d’un Homo habilis, qui aurait alors voyagé plus loin qu’on ne pensait? Les fouilles se poursuivent pour découvrir les premiers habitants de Flores.

Le NouvelObs.com du 18/03/2010