vendredi 9 juillet 2010

Découverte des plus vieilles traces humaines en Europe du Nord

Des paléontologues ont découvert les plus anciennes traces d'occupation humaine en Grande-Bretagne. Elles représentent le premier établissement connu en Europe du Nord.

Excavation d’Happisburgh en 2006

L'homme a occupé la Grande-Bretagne il y a plus de 800.000 ans, marquant ainsi le premier établissement humain connu en Europe du Nord, beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait. Au total les chercheurs ont découvert plus de 70 outils en silex dans l’excavation d’Happisburgh, dans le comté de Norfolk, à l’Est du pays. « Ces découvertes sont de loin les plus anciennes traces humaines connues en Grande-Bretagne, elles sont antérieures de 100.000 ans aux découvertes précédentes » s’enthousiasme le Professeur Chris Stringer, Directeur de recherche au Natural History Museum. Jusqu’à présent, les historiens du peuplement estimaient qu’à cette époque, le Pléistocène inférieur, l’extension humaine ne dépassait pas une zone limitée par le sud des Pyrénées et des Alpes.

« Ces nouveaux objets en silex sont extrêmement importants parce que, non seulement, ils sont beaucoup plus vieux mais, surtout, ils sont associés à une gamme unique de données sur l'environnement qui donne une image claire de la végétation et du climat. Cela démontre que les premiers hommes ont pu survivre dans des conditions beaucoup plus rigoureuses qu’aujourd’hui » explique le Dr Nick Ashton du British Museum. En effet, il y a 800 000 ans, une grande partie de l’Europe du Nord était recouverte de forêts boréales plus ou moins vastes selon le flux et le reflux des périodes glaciaires.

Reconstitution du paysage d'Happisburgh, il y a 800 000 ans.

Le détail des fouilles fait l’objet d’une publication dans la revue Nature. L’étude comprend également et pour la première fois une modélisation 3D des outils en silex réalisée au scanner. « Les modèles virtuels des objets en silex sont incroyablement détaillés et nous espérons que les images et les vidéos seront partagées dans le monde entier » explique le Dr Richard Abel, du Natural History Museum. Seul manque à cette découverte une trace des fabricants de ces outils, pas le moindre bout d’os dans les centaines de pelletées de terre. « C’est notre Graal » avance Chris Stinger. Les hommes qui utilisaient les silex d’Happisburgh pourraient être liés au peuplement d’Atapuerca, en Espagne, l’un des plus anciens d’Europe, attribué à l'espèce Homo antecessor.


Reconstitution 3D d'un des silex d'Happisburgh.

Sciences et avenir du 07/07/2010