samedi 30 octobre 2010

Découverte de nos ancêtres très lointains ?

Des chercheurs du CNRS ont découvert, en Libye, des fossiles d'anthropoïdes vieux de 38 à 39 millions d'années. Ces fossiles appartiennent à trois groupes distincts, dont l'un serait celui de nos ancêtres les plus lointains.

La découverte en Libye de plusieurs espèces de primates anthropoïdes datant de 38 à 39 millions d’années semble indiquer que les très anciens ancêtres de l’Homme sont originaires d’Asie.

Le site de Dur At-Talah où ont été découverts les fossiles

Les hominidés sont nés et ont évolué en Afrique, à partir d'un groupe de singes, les anthropoïdes. Jusqu’à présent peu de choses étaient connues de leur histoire et de l'évolution d'une de leur lignée qui donnera naissance au premier hominidé, Toumaï, il y a 7 millions d'années.

La mise au jour, par une équipe franco-libyenne, à laquelle ont participé les chercheurs de l'Institut international de paléoprimatologie (CNRS/Université de Poitiers) de ces restes apporte des éléments permettant de mieux comprendre l’histoire de nos origines.

Ces fossiles, 22 dents minuscules, appartiennent à trois groupes distincts, dont l'un serait celui de nos ancêtres les plus lointains. Ils ont été extraits d’un site situé dans le désert Dur de At-Talah, au centre de la Libye. Ils représentent les plus anciennes traces d’anthropoïdes en Afrique.

Pour les paléontologues, qui publient leur découverte dans la revue Nature, cela renforce l’hypothèse d'une migration vers l'Afrique de primates venus d'Asie, où des fossiles similaires ont été découverts, notamment en Birmanie.

Reste maintenant à déterminer quand cette migration a eu lieu. Et selon quel scénario. Un seul ancêtre unique a-t-il fait le voyage pour ensuite diverger en Afrique ? Ou alors est-ce un groupe déjà diversifié d’anthropoïdes qui a colonisé ce continent ?

Les auteurs suggèrent que de nouvelles explorations paléontologiques dans des couches de terrains contenant des fossiles vieux de 40 à 50 millions d’années, en Afrique et en Asie seront nécessaires pour mieux comprendre cette période importante mais mal connue de l'histoire évolutive des primates.

Image d'artiste représentant les primates découverts Afrotarsius (en haut à gauche), Karanesia (en haut à droite), Biretia (en bas à gauche), et Talahpithecus (en bas à droite).

Source : Sciences et Avenir du 28/10/2010