vendredi 1 octobre 2010

Homme de Florès, un déficit en iode comme origine ?

A peine un mètre de hauteur, un cerveau de la taille d’un chimpanzé, l’homme de Florès bat tous les records de petitesse. C’est sur une petite île d’Indonésie, Florès, que cette surprenante découverte a été faite par une équipe scientifique internationale. L’homme de Florès a été décrit à partir d’un squelette relativement bien conservé (le crane est presque intact) et de quelques restes d’un autre individu, mis au jour en septembre 2003 dans la grotte de Liang Bua.

Plusieurs théories tentent d’expliquer la présence de l’homme de Florès. La plus séduisante, raconte l’histoire d’un Homo erectus, qui peuplait l’Asie il y a 1 à 1,5 millions d’années, ayant réussi à atteindre les îles indonésiennes rendues accessibles par l’abaissement du niveau de la mer. Lorsque le niveau des eaux remonte, il se retrouve isolé et aurait évolué vers le nanisme. « Les conditions insulaires peuvent conduire à une réduction de taille chez les mammifères » expliquait à l’époque de sa découverte Marie-Hélène Moncel, préhistorienne au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Cette évolution fût si prononcée qu’elle a abouti à la naissance de cette nouvelle espèce.

Une autre hypothèse, présentée en 2008 par Charles Oxnard professeur à l’université d’Australie Occidentale, fait de d’Homo floresiensis un homme moderne souffrant d’une grave carence en iode à l’origine de sa petite taille, une maladie connue sous le nom de crétinisme congénital. Une proposition qui est loin d’avoir fait consensus à l’époque. Dans PLoS ONE, le chercheur présente cette semaine de nouveaux arguments en faveur de cette théorie.

Il a recompilé des données concernant le squelette de ce « hobbit » et a ensuite établi des comparaisons mathématiques avec les os de patients atteints de crétinisme, de chimpanzés et d’humains sains. Selon lui, cette étude confirme son hypothèse qui fait de l’homme de Florès un Homo sapiens atteint d’une forme de crétinisme endémique sur l’île.

Source : Sciences et Avenir du 29/09/2010