mercredi 13 octobre 2010

Hommes préhistoriques : savaient-ils faire preuve de compassion ?

Royaume-Uni - Publiée dans le journal Time and Mind et dans un livre dont des extraits feront l'objet d'une lecture publique le 19 octobre prochain, l'étude de chercheurs de l'université de York se propose de "tracer" le sentiment de compassion chez les hominidés fossiles.

"Première étape d'une nécessaire archéologie préhistorique de la compassion", comme elle la définit elle-même, l'étude du Dr Penny Spikins, du département d'archéologie de l'université de York (Royaume-Uni) et de ses collègues, cherche à montrer que les pré-humains et les hommes préhistoriques ressentaient la compassion. Pour ce faire, ils proposent un scénario en quatre étapes.Il y 6 millions d'années, l'ancêtre commun à l'homme et au chimpanzé, par de simples gestes de réconfort par exemple, commence à témoigner de la sollicitude à ses congénères. Puis, il y a 1,8 million d'années, nôtre ancêtre Homo erectus commence à intégrer cette compassion dans un début de pensée rationnelle : en prenant soin des individus malades, en réservant un traitement spécial aux défunts, manifestations du chagrin et du souci d'alléger la peine d'autrui. En Europe, entre -500.000 et -40.000 ans, les restes d'un enfant atteint d'une anomalie congénitale du cerveau témoignent : loin d'avoir été abandonné, l'enfant a vécu jusqu'à l'âge de 5 ans. Ceux d'un Néandertalien possédant un bras atrophié, un pied déformé et aveugle d'un oeil ayant vécu jusqu'à vingt ans témoignent eux de l'attention portée aux individus faibles par leurs congénères. Enfin, chez l'homme anatomiquement moderne, apparu il y a 120.000 ans, la compassion s'étend aux étrangers et aux animaux. L'imagerie médicale utilisée sur des crânes fossilisés pourrait être un outil permettant d'appréhender cette caractéristique pourtant intangible qu'est la compassion. "Les données archéologiques ont encore une histoire à nous raconter" conclut le Dr Spikins.

Source : Yahoo Actualités du 09/10/2010