mardi 26 octobre 2010

La grotte Cosquer bientôt ouverte à la visite... virtuelle

Près de vingt ans après que sa découverte a été rendue publique - c'était en octobre 1991 -, la grotte Cosquer pourrait être finalement ouverte à la visite. De façon virtuelle s'entend. Depuis le début de l'année, le service régional de l'archéologie (SRA) a en effet conduit trois campagnes de mesures à l'intérieur de la cavité, avec du matériel capable de restituer le relief des parois et le détail des ornements avec une précision inframillimétrique. Avec ces données, deux entreprises spécialisées dans la réalité virtuelle et la valorisation du patrimoine travaillent, en ce moment, à la reconstitution de la grotte jusque dans ses moindres replis rocheux.

Henri Cosquer (à droite, ici avec Jean Courtin) plongeur et découvreur de la grotte sous-marine qui aujourd'hui porte son nom.

À l'heure de lancer ce vaste chantier, Xavier Delestre, conservateur régional de l'archéologie, nous avait expliqué que ce travail répondait à un triple objectif. D'abord, enregistrer, avec la plus grande précision possible, la topographie de la grotte et l'ensemble des peintures et gravures qui y ont été tracées entre - 29 000 et - 17000 ans avant notre ère. La seule façon de se prémunir contre une éventuelle et brutale disparition de la cavité, par écroulement ou remontée des eaux. Outre cet objectif de conservation, l'idée était aussi de permettre aux préhistoriens qui ne savent pas plonger de travailler sur les oeuvres dans des conditions très proches du réel. Et, enfin, permettre au grand public d'approcher au plus près la réalité de ce véritable musée d'art pariétal immergé.

Pour l'heure, la forme définitive que cette grotte virtuelle prendra n'est pas arrêtée. La seule hypothèse qui semble d'ores et déjà écartée est celle d'une réplique à l'identique, comme celle réalisée à Lascaux au début des années 80. Pour le reste, tout semble ouvert. Même si les experts de la réalité virtuelle poussent pour la solution la plus spectaculaire actuellement envisageable avec le système Panrama 3D. Il s'agit, schématiquement, de projeter sur une demi-sphère des images en trois dimensions qui donnent au spectateur le sentiment d'être dans l'écran. Donc dans la grotte si les images projetées sont celles réalisées in situ. En attendant qu'une décision soit prise -et que les budgets nécessaires soient trouvés-, le travail continue pour les préhistoriens, qui ne cessent de faire de nouvelles découvertes.

Source : La Provence du 24/10/2010