jeudi 4 novembre 2010

Il y a 39 millions d'années, nos plus lointains ancêtres africains

La découverte en Libye de dents fossilisées appartenant à des singes anthropoïdes met en lumière certains mystères des origines de l’homme.

Difficile d’imaginer que de si petites dents – 2 millimètres de long – puissent détenir autant d’informations précieuses sur nos origines. Et pourtant. Des paléoanthropologues français et libyens ont découvert 22 dents fossilisées dans le désert de Libye. Elles ont appartenu à des singes anthropoïdes datant de 39 millions d’années. Cette famille, qui regroupe notre espèce ainsi que les grands singes et les babouins, serait apparue en Asie il y a 57 millions d’années. Ce sont donc les ancêtres du plus vieil hominidé connu, Toumaï, vieux de 7 millions d’années. En d’autres termes, ce sont nos lointains aïeux.

« Ces dents sont les plus vieux fossiles d’anthropoïdes découverts en Afrique à ce jour », a déclaré le Professeur Jean-Jacques Jaeger (CNRS), principal auteur de cette étude parue hier dans Nature. Le record précédent était détenu par deux espèces d’anthropoïdes découverts en Egypte et vieux de 37 millions d’années. Outre l’ancienneté, l’autre surprise, c’est la petite taille de ces singes. D’après la taille des dents, les paléoanthropologues ont estimé que leur poids ne devait pas dépasser 450 grammes. Ces données suggèrent que notre taille a bien évolué par étapes au fil de l’évolution : de quelques centaines de grammes à une trentaine de kilogrammes pour Toumaï, 32 millions d’années plus tard.

Selon de récentes hypothèses, les anthropoïdes auraient migré depuis l’Asie vers le continent africain. En étudiant les plus vieux fossiles d’anthropoïdes africains (et donc les plus proches de ceux ayant migré), l’équipe de Jean-Jacques Jaeger espère mieux comprendre la relation entre les spécimens asiatiques et africains. Ils tenteront en particulier de déterminer si les espèces se sont diversifié avant ou après avoir migré.

Source : La Recherche du 29/10/2010