dimanche 14 novembre 2010

Les cerveaux néandertalien et humain divergent qu'après la naissance

Les cerveaux de l'homme de Néandertal et de l'homme moderne, similaires à la naissance, divergent dans leur développement dès la première année de la vie, selon une étude menée en Allemagne et publiée lundi aux Etats-Unis.

Les cerveaux des nouveau-nés humains et des Néandertaliens ont à peu près la même taille et paraissent identiques, selon cette recherche parue en ligne dans la revue américaine Current Biology.

C'est après la naissance, et surtout durant la première année de la vie, que le cerveau de l'homme de Néandertal, éteint il y a environ 28.000 ans pour des raisons encore obscures, et celui de l'homo sapiens divergent.

Cette découverte est basée sur les comparaisons entre des empreintes virtuelles, à différents âges de développement, des circonvolutions cérébrales et des structures avoisinantes sur l'intérieur de crânes fossilisés d'hommes modernes et de Néantertaliens, y compris de celui de nouveau-nés.

Les différences observées tôt dans le développement du cerveau reflètent probablement des changements dans les circuits et branchements cérébraux, explique Philipp Gunz, de l'Institut Max Planck d'anthropologie de l'évolution en Allemagne, principal auteur de cette communication.

C'est en fait l'organisation interne du cerveau qui compte le plus pour les capacités cognitives, ajoute-t-il.
"Chez l'homme moderne, les branchements entre les diverses régions du cerveau sont établies durant la première année de la vie et sont importantes pour un degré avancé de socialisation, l'émotion et les fonctions de communication", explique ce chercheur dans un entretien à l'AFP.

"Il est de ce fait improbable que les Néandertaliens perçussent le monde comme nous le percevons", a-t-il ajouté tout en notant que nos proches cousins dans l'évolution n'étaient pas pour autant des demeurés.
"C'étaient des chasseurs sophistiqués, hautement spécialisés. De ce fait, il est très improbable que les Néandertaliens aient été totalement privés de langage, dont bien sûr nous ignorons le degré de sophistication", a ajouté ce chercheur.

Source : Sciences et Avenir du 13/11/2010