mercredi 15 décembre 2010

La grotte de Lascaux "se porte bien", assure Yves Coppens

Montignac, France - Le paléontologue et président du Conseil scientifique international du site, Yves Coppens, se montre rassurant quant à l'état de la grotte de Lascaux. Alors que des taches noires provoquées par des champignons semblaient menacer les fresques datant de 18.000 ans, elles seraient aujourd'hui en forte régression.

C'est à la suite de la réunion du Conseil scientifique international de la grotte que le paléontologue Yves Coppens a fait part de son optimisme quant à l'état de la célèbre grotte de Dordogne découverte il y a soixante-dix ans. "La grotte se porte bien", a-t-il assuré, indiquant que les taches noires apparues il y quelques années et menaçant les peintures rupestres "sont en régression".

Toutefois, ce phénomène de diminution est à ce jour inexpliqué. "Nous sommes dans une phase d'observation face à ces champignons qui sont une espèce nouvelle. Cela nous inquiète de les voir, mais la grotte va mieux et est en période d'accalmie", explique le paléoanthropologue. Les champignons blancs qui menaçaient au début des années 2000 les fresques datant de 18.000 ans, "ont quasiment disparu", tandis qu'un autre champignon à l'origine des taches noires est désormais connu et identifié, a de son côté souligné le microbiologiste Thierry Heulin.

Malgré tout, et bien qu'ils disposent de "quelques éléments pour agir sur eux", les membres du conseil estiment qu'il n'est pour l'instant pas nécessaire de se lancer dans un traitement des champignons, les peintures n'étant pas altérées. Les scientifiques estiment en effet devoir étudier le phénomène, et "à plus long terme, caractériser tout l'écosystème de la grotte", explique Thierry Heulin.

Alors que la grotte est fermée au public depuis 1963, Yves Coppens tient à préciser que des simulations sont en cours pour mettre en place un plan en cas de crise. Mais redoutant que ces affirmations ne suffisent pas à convaincre de la bonne santé de la grotte, le paléontologue propose qu'une poignée de journalistes puisse visiter régulièrement le lieu menacé par l'Unesco d'être inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril. Ces visites permettront "d'autres témoignages que les nôtres" sur la santé de Lascaux, souligne Yves Coppens.

Source : MaxiSciences du 11/12/2010