samedi 25 décembre 2010

Le génome d'un hominidé éteint révèle un nouveau cousin de l'homme

Des chercheurs ont séquencé le génome d'un hominidé éteint, jusque-là inconnu, à partir de l'os d'un doigt découvert en Sibérie et montrant une parenté avec l'homme de Neandertal et les ancêtres des habitants actuels de Nouvelle-Guinée, selon des travaux publiés mercredi.

Cette équipe internationale de recherche, menée par l'anthropologue Svante Pääbo de l'Institut Max-Planck en Allemagne, a séquencé le génome nucléaire de cet os du doigt de cet hominidé disparu il y a au moins 30.000 ans.

Cet os a été découvert avec une dent de sagesse en 2008 dans la caverne Denisova située dans le sud de la Sibérie.

Ces chercheurs ont déterminé qu'il s'agissait d'une femelle venant d'un groupe d'hominidés partageant une origine ancienne avec l'homme de Neandertal qui a ensuite divergé.

Ces "nouveaux" hominidés ont été baptisés les Denisovans du nom de la caverne.

A la différence des Néandertaliens, les Denisovans n'ont pas contribué au patrimoine génétique des Eurasiens modernes mais partagent un nombre élevé de variations génétiques avec les populations actuelles de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Cela laisse penser qu'il y a eu des croisements entre les Denisovans et les ancêtres des Mélanésiens, relèvent les auteurs de l'étude parue dans la revue britannique Nature datée du 23 décembre.

"Le fait que les Denisovans aient été découverts dans le sud de la Sibérie et aient contribué au patrimoine génétique des populations modernes de Nouvelle-Guinée montre que la présence de ce groupe pourrait avoir été étendue en Asie depuis la fin du Pléistocène", soit entre 400.000 et 50.000 ans avant notre ère, selon David Reich, professeur adjoint à la faculté de Médecine de l'Université de Harvard (Massachusetts, nord-est) qui a mené l'analyse génétique des populations.

Pour Svante Pääbo, "la combinaison du génome de l'homme de Neandertal et de celui du Denisovan révèle la complexité des interactions génétiques entre nos ancêtres et les différents groupes d'hominidés anciens."

Svante Pääbo avait conduit le séquençage de l'homme de Neandertal et révélé des croisements avec des ancêtres de l'humain moderne qui aurait de 1 à 4 % de gènes néandertaliens.

Source : Sciences et Avenir du 23/12/2010