samedi 15 janvier 2011

Hominidé de Denisova

Les hominidés de Denisova, hommes de Denisova ou parfois Dénisoviens, constituent une espèce d'hominidés éteinte identifiée par analyse génétique en mars 2010. Elle appartient au genre Homo mais n'a pas reçu de nom spécifique. Les scientifiques pensent que cette espèce a vécu entre 1 million et 40 000 ans BP, dans des régions peuplées par l'homme de Néandertal et l'homme moderne. Ces populations auraient probablement été centrées sur l'Asie orientale, et leur présence en Chine est à rechercher parmi des fossiles connus selon Jean-Jacques Hublin.

Des analyses génétiques récentes du génome mitochondrial ont montré que les ancêtres directs des humains modernes ont à plusieurs reprises eu des relations sexuelles fécondes avec d'autres hominidés contemporains. Cela a été confirmé par des analyses du génome nucléaire. Ainsi un gène hominidé de Denisova lié à l'hémoglobine permet aux populations himalayennes de vivre en altitude où l'air est pauvre en oxygène et en Papouasie-Nouvelle-Guinée un gène hominidé de Denisova permet aux Papous de détecter des parfums très subtils. Comme souvent quand ils proviennent d'hybrides interspécifiques, ces gènes ont été transmis par les hybrides femelles, les progénitures mâles étant probablement infertiles, et ces gènes sont absents du chromosome X.

Découverte

Une équipe de scientifiques coordonnée par Svante Pääbo de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig en Allemagne a séquencé l'ADN mitochondrial (ADNmt) extrait des fragments d'une phalange d'auriculaire provenant d'un enfant d'environ 7 ans retrouvée avec quelques dents dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l'Altaï au sud de la Sibérie1. Des objets trouvés dans la grotte au même niveau que les fragments osseux ont été datés par le carbone 14 entre 30 000 et 48 000 ans BP7.

Les données disponibles pour l'ADNmt laissent penser que ce nouvel hominidé aurait un ancêtre commun avec l'homme anatomiquement moderne et avec l'homme de Néandertal, qui daterait d'il y a environ 1,0 million d'années8. Ses ancêtres seraient arrivés d'Afrique par une voie différente de celle des ancêtres des Néandertaliens et des hommes modernes et ils appartiendraient à une espèce distincte.

La stratigraphie de la grotte suggère que les hominidés de Denisova ont vécu aux mêmes époques que celles où les Néandertaliens ont cohabité avec l'homme moderne.

Fin 2010, une étude basée sur le séquençage de l'ADN nucléaire extrait d'une phalange provenant du même site confirme que l'hominidé de Denisova a des origines communes avec l'homme de Néandertal9. Il aurait également contribué à hauteur de 4 à 6 % au génome des Papous actuels et aurait été relativement répandu en Asie à la fin du Pléistocène. Une molaire exhumée dans la grotte, appartenant à un individu distinct, présente un ADNmt proche de celui de la phalange évoquée précédemment ; ses caractéristiques morphologiques, très grosse et archaïque d'aspect, indiquent selon les auteurs que l'histoire évolutive des hominidés de Denisova est distincte de celles des Néandertaliens et des Homo sapiens.

En août 2011, un article de Laurent Abi-Rached et al. publié par Science décrit le séquençage de l'ADN de ce Dénisovien qui montre que des croisements se sont produits avec les Homo sapiens.

Le transfert de gènes des Dénisoviens aux hommes modernes a laissé la plus forte fréquence d'une variante des gènes HLA (HLA-B) dans les populations d'Asie occidentale, l'endroit le plus probable où des accouplements entre Homo sapiens et Dénisoviens se sont produits.

À partir d'un échantillon d'ADN microscopique prélevé sur un os vieux d'environ 80 000 ans, des chercheurs sont parvenus à décoder le génome de l'hominidé de Denisova, et à le comparer avec celui de ses proches cousins, les Néandertaliens et l'humain moderne. Leurs analyses, publiées en août 2012 dans la revue américaine Science, révèlent notamment que la diversité génétique était assez importante chez les Dénisoviens et qu'une partie non négligeable de leurs gènes a été transmise aux habitants actuels d'Asie du Sud-Est, en particulier aux Papous.

Une nouvelle étude prouve qu'une partie du matériel génétique de Denisova a été sélectionnée chez Homo sapiens pour s'adapter à la haute altitude. Un variant du gène EPAS1 (en) provenant des Dénisoviens améliore le transport d'oxygène et est présent uniquement chez les Tibétains et chez les Chinois Han dans une moindre proportion.

Source : Wikipedia