samedi 1 janvier 2011

Les Dénisovans, lointains cousins de Sibérie

L'homme de Denisova appartient à un groupe qui partage un ancêtre commun avec Neandertal.

La génétique est en train de révolutionner notre connaissance de l'évolution d'Homo sapiens et des homininés (une sous-famille des hominidés, qui, eux, incluent les grands singes). «Dans un avenir proche, quand des génomes plus complets des homininés vont pouvoir être séquencés, on aura une bien meilleure compréhension des relations qu'entretenaient ces différents groupes entre eux», souligne une équipe pilotée par Svante Pääbo, de l'Institut Max-Planck (Nature , 23-30 décembre 2010).

Les chercheurs de cet institut qui ont décrypté cette année une partie du génome de Neandertal fournissent dans le numéro de Nature la preuve de l'extraordinaire efficacité de ce nouvel outil. À partir seulement de l'os d'un doigt découvert dans une grotte en ­Sibérie et datant de 30.000 ans, ils viennent de séquencer le génome d'un homininé aujourd'hui éteint et totalement inconnu jusqu'alors.

Venus de l'est

«Cet homme de Denisova (le nom de la grotte, NDLR) appartient à un groupe qui partage un ancêtre commun avec Neandertal mais dont la population a eu une histoire très différente», expliquent les chercheurs. En Eurasie, selon eux, il aurait existé au moins deux formes distinctes d'homininé archaïque: à l'ouest, Neandertal et, à l'est, Denisovans. Les chercheurs se gardent de parler d'espèces différentes au sens propre du terme. La paléogénomique n'a pas, en effet, les mêmes critères que la paléontologie traditionnelle.

À la différence de Neandertal, les Denisovans n'ont pas contribué au patrimoine génétique des Eurasiens modernes, mais ils partagent un nombre élevé de variations génétiques avec les populations actuelles de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cela laisse évidemment penser qu'il y a eu des croisements entre les Denisovans et les ancêtres des Mélanésiens.

Source : Le Figaro du 30/12/2010