dimanche 30 janvier 2011

Les premiers hommes auraient quitté l'Afrique beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait

Leur migration serait liée à des facteurs environnementaux et non à des innovations technologiques...

Les premiers hommes ont sans doute quitté le continent africain à destination de la péninsule arabique 65.000 ans plus tôt qu'on ne le pensait. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des scientifiques, dont les recherches ont été publiées jeudi.

Celles-ci laissent penser que les populations ont émigré directement vers l'Arabie, sans transiter par la vallée du Nil ou par le Proche-Orient comme le laissaient penser de précédentes études.

Datation par la luminescence

Cette équipe internationale de chercheurs a étudié des outils préhistoriques exhumés sur le site archéologique de Djebel Faya aux Emirats arabes unis. «Nos conclusions devraient inciter à réexaminer les moyens par lesquels, nous, homo sapiens, sommes devenus une espèce mondiale», explique Simon Armitage, de l'Université de Londres, qui a travaillé à cette étude.

En utilisant une méthode de datation par la luminescence -technique utilisée pour déterminer quand des échantillons minéraux ont été exposés à la lumière du jour pour la dernière fois-, ils ont établi que les outils en pierre retrouvés à Djebel Faya dataient de 100.000 à 125.000 ans.

Un franchissement du détroit de Bab al Mandab

Les outils en question, déclare Hans-Peter Ürpmann, de l'université Eberhard Karls de Tübingen, en Allemagne, qui a dirigé les recherches, ressemblent à ceux des premiers hommes de l'Afrique de l'Est, ce qui laisse penser qu'«aucun bouleversement culturel n'a été nécessaire pour que les humains quittent l'Afrique».

Ces recherches, publiées dans la revue Science, laissent ainsi penser que les facteurs environnementaux ont été plus importants que les innovations technologiques pour que cette migration devienne possible. Il se pourrait, d'après les recherches, que le niveau des mers ait baissé voici 130.000 ans -la dernière période interglaciaire- entre l'Arabie et la corne de l'Afrique, au niveau du détroit de Bab al Mandab, permettant un franchissement par les humains.

Source : 20 mn du 28/01/2011