samedi 4 juin 2011

Monsieur australopithèque, un vrai fils à maman

La femelle australopithèque avait plus tendance à quitter sa famille de naissance pour se joindre à un autre groupe social que le mâle, ont réussi à démontrer des anthropologues européens.

Il ne subsiste que très peu de traces des australopithèques lointains cousins des humains modernes qui vivaient il y de cela de 2,4 à 1,7 million d'années.

Une représentation d'un Australopithecus africanus

Outre certains fossiles, les chercheurs ne peuvent compter que sur quelques outils de pierre pour tenter de comprendre leurs habitudes sociales et leur mode de vie.

La paléoanthropologue Sandi Copeland et ses collègues de l'Institut Max Planck sont venus à cette conclusion après avoir étudié les dents de deux espèces d'hominidés bipèdes (Australopithecus africanus et Paranthropus robustus) qui ont vécu dans des cavernes d'Afrique du Sud.

Explications

L'analyse de 19 dents à l'aide de nouvelles technologies laser et de spectrométrie de masse a permis aux chercheurs d'établir avec précision l'endroit où les spécimens sont nés, ont grandi et sont morts.

L'examen montre que les individus les plus grands, probablement les mâles, s'étaient nourris près des cavernes où ils vivaient. Toutefois, les plus petits, vraisemblablement des femelles, s'étaient nourris hors de cette zone géologique avant l'âge de huit ans.

La Pre Copeland pense donc que les mâles australopithèques avaient un comportement sédentaire, et qu'ils restaient au sein de leur groupe natal dans une zone géologique de seulement 30 km2. Quant aux femelles, elles devaient migrer vers des régions plus éloignées, lorsqu'elles atteignaient l'âge de se reproduire, pour se joindre à la famille de mâles

Cette caractéristique comportementale est également observée chez les chimpanzés, les bonobos et dans de nombreuses sociétés humaines.

L'analyse montre aussi que l'australopithèque mâle ne possédait pas des canines beaucoup plus développées que les femelles, ce qui signifie probablement que la compétition entre les mâles était moins forte que chez les chimpanzés ou les gorilles.

Les auteurs pensent qu'il n'existe probablement aucune structure sociale analogue à celle des australopithèques dans la nature actuellement puisque leur anatomie et leur écologie étaient très différentes de ceux des primates modernes.

Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Nature.

Source : Radio Canada du 02/06/2011