samedi 30 juillet 2011

Australopithèques : une bipédie performante dès 4 millions d’années avant notre ère ?

Publiés dans la revue Interface de la Royal Society, les résultats d’une nouvelle étude d’empreintes fossilisés d’Australopithèques vieilles de 3,7 millions d’années et découvertes en 1976 en Tanzanie, suggèrent que ces créatures avaient déjà une bipédie bien affirmée.

Employant une technique statistique inspirée de l’imagerie utilisée en médecine cérébrale, des chercheurs de l’Université de Liverpool ont reconstitué un modèle en 3D d’une série de 11 empreintes de pas attribuées à Australopithecus afarensis, des congénères de Lucy. Vieilles de 3,7 millions d'années, elles ont été découvertes en 1976 dans des sédiments volcaniques de Tanzanie. Comparant ce modèle aux résultats d’une autre modélisation reconstituant le type d’empreinte laissé par divers grands singes et par l’homme, l’équipe suggère que la démarche bipède efficace de type humain est apparue dès 4 millions d’années, et non vers 1,9 millions d'années, comme beaucoup de scientifiques l’estimaient.

Des empreintes très révélatrices

"On pensait auparavant qu’Australopithecus afarensis marchait un peu 'accroupi', sur le côté du pied, appuyant sur le sol avec le milieu du pied, comme les grands singes d’aujourd’hui. Cependant, nous avons trouvé que les empreintes de Laetoli traduisaient un type de démarche bipède bien verticale, s’appuyant sur le devant du pied, en particulier sur le gros orteil, assez proche de ce qui existe chez l’humain, et plutôt différent de ce qu’on trouve chez le chimpanzé et autres grands singes", explique le Pr Robin Crompton qui a conduit l'étude.

"La fonction pédestre représentée par ces empreintes est donc plus probablement similaire au modèle observé chez l’humain moderne. Ceci est important, car le développement de la fonction locomotrice du pied humain a aidé nos ancêtres à se répandre hors d’Afrique", conclut le scientifique. Cette découverte pourrait donc fournir de nouvelles pistes pour comprendre l'évolution de l'Homme et la manière dont il s'est répandu sur les continents.

Source : MaxiSciences du 24/07/2011