lundi 4 juillet 2011

De vieilles traces humaines dans le Sud-Est de l'Europe

Des restes humains découverts en Crimée ont été datés de 32 000 ans par une équipe européenne. Il s'agit du plus ancien témoignage direct de la présence d’Homo sapiens au Sud-Est de l'Europe.

Après dix ans de fouille et d’analyses, le site de Buran-Kaya III, dans le sud montagneux de la Crimée (Ukraine), a livré ses trésors : 162 fragments d'ossements humains aux côtés d'os d'animaux (essentiellement des antilopes saïga, des renards et des lièvres), d'outils en pierres taillées et en os et d'objets de parure comme des perles en ivoire de mammouth et des coquillages perforés.

Les ossements humains mis au jour dans l'abri appartiennent à au moins cinq individus : un enfant, deux adolescents et deux adultes. On retrouve essentiellement des morceaux de crâne, des dents, une vertèbre, des fragments de côtes et de phalanges. Leur description détaillée fait l’objet d’une publication dans la revue PLoS ONE.

La datation au carbone 14 d'un os humain et d'un os de cerf a établi que leurs propriétaires avaient vécu il y a 32 000 ans, ce qui fait de ce site un des plus anciens occupés par l'Homme moderne en Europe. Seuls un site roumain et un site russe s'avèrent plus vieux (34 000 ans pour le site roumain et 33 000 ans pour le russe), tandis que les sites d'Europe occidentale sont tous plus récents. Cette découverte va dans le sens des découvertes actuelles, à savoir une colonisation de l’Europe par l’Est à travers les régions sud-orientales bordant la Mer Noire depuis le Moyen-Orient.

Enfin, autre particularité, les paléontologues n’ont pas retrouvé d’os longs comme le fémur et les crânes ont été détachés du reste du corps, comme l'indiquent plusieurs traces de découpe présentes sur plusieurs os. Le traitement des restes osseux étant différent sur les hommes et les animaux, les chercheurs estiment qu'il ne s'agit pas d'un cannibalisme nutritionnel, mais plutôt d'un rituel post mortem.. Il s'agit des plus anciennes traces de découpe observées sur des hommes modernes aussi anciens en Europe.

Source : Sciences et Avenir du 29/06/2011