jeudi 7 juillet 2011

Erectus, sapiens et leurs amis

L’évolution de nos ancêtres n’a pas fini de prendre de nouveaux tournants. Voilà que les indices en faveur d’une origine asiatique, plutôt qu’africaine, de l’Homo erectus, prennent du poids.

Le coupable : un site archéologique dans l’ancienne république soviétique de Georgie d'où, depuis quelques années, émergent des squelettes vieux d’environ 1,75 million d’années. Ça pourrait être un de ces Homo erectus sortis d’Afrique à peu près à la même époque, mais plus on fouille, et plus on doute : d’abord, la Georgie est tout de même à 3000 km de l’Afrique. Ensuite, l’anatomie de ces êtres présente un mélange embarrassant de traits que les paléontologues qualifient « d’anciens » et de « modernes ».

En particulier, ils ont un corps plutôt trapu et des jambes très courtes, beaucoup moins adaptées à la marche que les jambes qui allaient se développer dans le million d’années suivant. Pas vraiment ce à quoi on s’attendrait de la part d’une créature qui aurait parcouru 3000 km au fil des générations.

L’hypothèse la plus simple est qu’il s’agit d’une version primitive de l’Homo erectus —ses tout premiers représentants, en somme, qui n’avaient donc pas encore acquis les traits qui lui permettraient plus tard de s’éparpiller sur trois continents. Mais pour que cette hypothèse soit juste, il faut que cet Homo erectus soit d’abord apparu en Asie, de préférence pas trop loin de la Georgie.

L’occupation initiale de Dmanisi est possiblement plus ancienne que la première apparition de l’Homo erectus en Afrique de l’Est.

Le site de Dmanisi, qui n’est qu’à 50 km de la capitale de la Georgie, n’a pas livré de nouveaux squelettes depuis la dernière fois qu’il a fait les manchettes. Les nouvelles spéculations proviennent plutôt d’une étude qui vient de paraître dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, et qui s’appuie sur la centaine d’outils de pierre. Leur distribution laisse entendre, écrivent les chercheurs, qu’il y a eu là-bas des pré-humains pendant des dizaines de milliers d’années, ce qui implique une population relativement élevée.

Mais le gros problème avec une origine asiatique de l’Homo erectus est de savoir d’où seraient venus ses ancêtres à lui. Aucun pré-humain encore plus primitif, comme l’australopithèque, n’a jamais été découvert en-dehors de l’Afrique, que ce soit il y a 2, ou 3, ou 4 millions d’années.

Source : Agence Science-Presse du 04/07/2011