vendredi 29 juillet 2011

Les merveilles de la grotte Chauvet bientôt en 3D

Des mammouths, des chevaux, des rennes, des lions des cavernes, des rhinocéros, des ours... Les rares privilégiés qui ont pu pénétrer dans la grotte Chauvet parlent d’une vision magique. Au total, la quinzaine de salles et galeries contiennent 425 animaux dessinés sur plus de 500 m.

Ce sont les peintures rupestres les plus anciennes au monde, réalisées avec une maîtrise picturale qui fait dire aux spécialistes qu’il s’agit-là de la naissance de l’art, il y a 36 000 ans. Avec des effets de perspective et de mouvement, des jeux d’ombre, grâce à l’estompe, ou de gravure pour mettre en relief les contours d’un animal.

Ce n’est qu’une hypothèse, mais les dessins ont peut-être été réalisés de telle sorte que, quand ils sont éclairés par une torche, le mouvement est restitué au gré de l’agitation de la flamme.

Le 31 août, ce bestiaire sorti de la nuit des temps sera enfin visible dans le documentaire tourné par Werner Herzog. Le réalisateur allemand est resté un mois à Vallon-Pont-d’Arc en Ardèche pour montrer les richesses de la grotte Chauvet ainsi que le travail des scientifiques. Et apporter aussi sa vision de ces artistes.

Le film, en salle aux Etats-Unis depuis avril, a remporté un beau succès. "Il permet réellement une immersion dans la grotte. Le sujet se prête au 3D relief qui restitue le volume", explique Nicolas Zunino, le coproducteur français du documentaire. Il fait partie de ceux qui ont pu pénétrer dans la grotte et parle de cette "émotion" ressentie face aux dessins au charbon de bois ou à l’ocre. "Werner Herzog a voulu faire transparaître l’esprit de ces hommes qui ont réalisé ces dessins. C’est un artiste qui parle d’autres artistes."

"Un outil numérique à disposition des scientifiques"
Serge Valcke, informaticien


Ce sera la première fois que le public pourra accéder aux chefs-d’œuvre enfermés dans la grotte depuis sa découverte en 1994. Car il faudra attendre 2014 pour qu’un fac-similé de la grotte soit reproduit à Vallon-Pont-d’Arc, à deux kilomètres du site originel.

Pour mener à bien cette restitution, la société Perazio, près de Grenoble, travaille depuis dix ans afin de numériser la grotte, au millimètre près, tant en ce qui concerne les parois que les peintures rupestres. Le moindre relief, le plus petit détail a été scanné à 360°, sur quelque 275 points de la grotte, pour restituer ces salles dont certaines atteignent 17 mètres de plafond. Les photos sont ensuite prises et posées sur l’ossature spatiale de la grotte. "C’est un outil numérique désormais à la disposition des scientifiques qui peuvent aller dans le moindre détail, sans les contraintes physiques de la grotte", précise Serge Valcke, informaticien de la société grenobloise.

L’appel d’offres pour la réalisation du site sera lancé en octobre. Une opération d’envergure pour la Région Rhône-Alpes et le département de l’Ardèche, avec ce site de Vallon-Pont-d’Arc pour lequel 45 millions d’euros seront investis, dans l’espoir d’attirer 300 000 personnes par an.

Source : Midi Libre du 28/07/2011