lundi 18 juillet 2011

Tautavel : La grotte de Tautavel n'a pas livré tous ses secrets

Quarante ans après la découverte de l'Homme de Tautavel, la Caune de l'Arago reste une mine pour les chercheurs qui y ont encore découvert en 2011 une dent de lait laissant supposer que l'Homo heidelbergensis fréquentait la grotte en famille.

Depuis le début des fouilles systématiques en 1964 sous la conduite d'Henry de Lumley, plus de 500.000 objets (outils et ossements ou fragments d'os humains et d'animaux) ont été référencés. Pourtant, il y en a encore pour un siècle de fouilles, disent les collaborateurs du préhistorien.

"La Caune de l'Arago, c'est un véritable livre qui nous raconte 600.000 années d'histoire du paysage et d'histoire de l'Homme en Languedoc- Roussillon", s'émerveille Henry de Lumley. En se remplissant sous l'effet des ruissellements et des éboulements, puis en se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité n'a pas seulement piégé les vestiges et la culture des hommes qui ont profité (quelques heures pour les uns, quelques années pour les autres) de ce poste d'observation exceptionnel de -700.000 à -100.000 ans.

Elle a aussi figé une chronique de la biodiversité et du climat. En 2011, 250 fouilleurs se succéderont dans la grotte où l'on est en train de mettre au jour le "sol Q" (-570.000 ans) et où partout affleurent les bifaces et les ossements d'animaux préhistoriques, longtemps interprétés comme les traces du Déluge. Tautavel draine les étudiants venus inscrire une ligne inappréciable à leur curriculum vitae. Son Centre européen de recherches préhistoriques, qui a généré un lexique international de paléontologie, attire les thésards et les spécialistes du monde entier.

Ils consultent ses réserves exceptionnelles et tiennent colloque. Pour autant, l'avenir du Centre reste aléatoire. Il demeure géré par une association. Henry de Lumley se bat pour en faire un établissement public de coopération culturelle, dont le sort ne serait plus suspendu, bon an mal an, au bon vouloir de l'Etat et des collectivités.

Source : L'Indépendant du 17/07/2011