vendredi 26 août 2011

Des bactéries de 3,4 milliards d'années

Des géologues affirment dans un article paru dans Nature Geoscience le 21 août avoir déniché des traces fossiles de bactéries qui vivaient il y a 3,4 milliards d'années.

La plupart des paléontologues estiment que la vie existe sur Terre depuis au moins 3,8 milliards d'années, juste après la phase la plus violente de la "guerre des mondes", lorsque la jeune Terre était bombardée de comètes et astéroïdes. Mais il est très délicat d'en administrer la preuve sur la base de fossiles indiscutables car il ne subsiste que très peu de roches de cette époque, et elles ont en général été soumises à des pressions et températures qui les ont profondément transformées. Or, il faut y trouver d'infimes traces laissées par des micro-organismes, visibles seulement au microscope.

C'est pourquoi des polémiques surviennent souvent sur les découvertes des uns et des autres. Cela fait plusieurs années que l'un des leaders de cette équipe, Martin Brasier, d'Oxford polémique avec J. William Schopf (UCLA, Californie, USA). Ce dernier, longtemps champion de la Nasa, a en effet publié des observations de fossiles, en particulier en 2002, qui ont été contestées par l'équipe de Brasier comme n'étant que la trace de phénomènes géologiques dans des sources hydrothermales sous-marines. Lire à cet égard l'explication de cette polémique sur le site de La Recherche.

Ces fossiles ont été découverts dans l'Ouest de l'Australie, dans la région de Pilbara bien connue pour ses roches parmi les plus anciennes de la Terre.

Si l'on suit la critique du travail de Schopf par Brasier, cette découverte serait celle des plus anciens fossiles connus, avec 200 millions d'années de plus que ceux pour lesquels il n'y a plus de polémique. Ces bactéries auraient eu un métabolisme faisant appel au soufre et au sulfate, les traces de pyrite (fer et soufre) observées en seraient un sous-produit.

Cette découverte ne change pas radicalement le tableau de l'origine de la vie - vue de loin... - mais permet de prendre conscience de l'immensité du temps où seuls des micro-organismes existaient. Deux cent millions d'années de plus, c'est plus de trois fois l'écart qui nous sépare de l'extinction des dinosaures (et de bien d'autres animaux et plantes) il y a 65 millions d'années.

Source : sciences.blogs.liberation.fr du 24/08/2011