mercredi 21 septembre 2011

Il s’appelle Sediba et cet australopithèque serait notre plus vieil ancêtre

Cet australopithèque « Australophithecus sediba », découvert en 2008 en Afrique du Sud pourrait être notre plus lointain ancêtre identifié. Il serait à l’origine du genre Homo selon cette série d’études de chercheurs de l’Université de Johannesbourg qui révèle de nouveaux détails sur le cerveau, le pelvis, la main et le pied de cet homininé primitif mais contemporain des premières espèces homo sur Terre. Ces découvertes montrent que Au. sediba possédait des caractéristiques modernes déjà proches de celles des humains et serait aujourd’hui le meilleur candidat parmi nos ancêtres possibles du genre Homo. Publiée dans l’édition du 9 septembre de la revue Science, cette étude jette un doute sur des théories de longue date portant sur l'évolution humaine.

Lee Berger, le directeur du projet, explique : « Les nombreux traits évolués que présentent le cerveau et le corps, ainsi que leur date plus ancienne, font de Au. sediba l'un des meilleurs candidats pour être un ancêtre de notre genre Homo, plus que les découvertes antérieures comme celle d'Homo habilis ». L'âge de ces fossiles a été fixé à il y a environ 1,977 millions d'années soit avant tous les autres fossiles connus, datés d’il y a 1,90 million d'années, le plus souvent attribués à Homo habilis ou Homo rudolfensis. Les ancêtres d’Homo erectus.

Au. sediba pourrait suggérer une nouvelle lignée, encore plus ancienne à l'origine de l’Homo erectus. Cette hypothèse est confirmée par l’étude des différentes parties découvertes en 2008, dans les grottes de Malapa, situées à une cinquantaine de km au nord-ouest de Johannesburg, soit la main la plus complète jamais retrouvée d'un homininé précoce, l'un des pelvis les plus complets jamais découverts et des parties tout à fait nouvelles du pied et de la cheville. Après avoir pu dater ces fossiles, d'il y a environ 1,977 million d'années, les chercheurs ont alors été surpris par des traits visiblement proches de Homo.

·         Le cerveau du jeune australopithèque, qui  devait avoir entre 10 et 13 ans, lors de son décès, scanné par l’installation décrite comme la plus puissante au monde pour les fossiles (l’European Synchrotron Radiation Facility ou ESRF) s’est révélé de forme humaine mais beaucoup plus petit que celui des espèces du genre Homo. Son étude contredit la théorie d'un grossissement progressif du cerveau au cours de la transition du genre Australopithecus à Homo pour appuyer plutôt une réorganisation des des neurones vers un lobe frontal de type plus humain.

·         Sur le pelvis, l’étude contredit l'idée qu'à l'origine le pelvis humain s'est modifié en réponse à une taille accrue du cerveau. Et comme pour la plupart des traits observés chez Au. sediba, le pied et la main de l'homininé montrent une combinaison intéressante d'éléments modernes et primitifs.

·         La main d'Au. sediba possédait un long pouce et des doigts courts, signes d'une préhension précise où la paume n'est pas impliquée, déjà un puissant système de flexion, ce qui suggère un déplacement dans les arbres et des caractéristiques, notent les chercheurs, qui suggèrent que Au. sediba avait déjà commencé à s'exercer à fabriquer des outils simples.

·         Le pied et la cheville révèlent que Au. sediba grimpait parfois aux arbres et avait un mode de locomotion bipède. L'articulation de la cheville est très proche de celle de l'homme estiment les chercheurs, avec la trace d'une voûte de type humaine et un tendon d'Achille bien défini mais en revanche le talon et le tibia sont du type de ceux des grands singes.

Cette combinaison de traits modernes et primitifs évoque l'image d'un ancêtre des espèces du genre Homo il y a deux millions d'années et, en particulier, de la première espèce qui soit reconnue du genre Homo, à savoir Homo erectus.

* homininés : ancêtres de l’Homo dans la lignée humaine depuis la séparation avec les chimpanzés.

Source : Santélog du 11/09/2011