lundi 19 septembre 2011

La plus vieille main humaine a près de 2 millions d'années

Découvert en 2008 en Afrique du Sud, l'Australopithecus sediba pourrait être l’ancêtre direct de l’Homme. Des fossiles vieux de près de 2 millions d'années ont été retrouvés.


L’Australopithecus sediba découvert en 2008 en Afrique du Sud pourrait être l’ancêtre direct de l’Homme. C’est ce qui ressort des travaux réalisés par une équipe de scientifiques dont font partie des chercheurs zurichois, a indiqué jeudi l’Université de Zurich.

Selon Peter Schmid, anthropologue à l’Université de Zurich associé aux fouilles, l’hominidé découvert en 2008 présente des caractéristiques humaines qui font de lui un meilleur candidat qu’»Homo habilis» pour le titre d’ancêtre direct de l’Homme.

Les os fossiles appartiennent à une femme d'une trentaine d'années et à un adolescent d'une dizaine d'années.

Si le cerveau est petit, il est néanmoins moderne et la main, longue, présente un pouce très moderne. Le bassin est humain mais le pied et le talon sont en même temps humains et simiesques.

La main du second squelette est la plus complète jamais trouvée. Ce membre est particulièrement significatif car, au cours de l'évolution, il a évolué d'organe locomoteur, chez les singes, à un outil polyvalent capable de fabriquer d'autres outils. A. sediba a une main plus moderne que Homo abilis - arrivé entre 200'000 et 300'000 plus tard - et considéré comme premier représentant du genre Homo.

Selon Peter Schmid A. sediba a très certainement été capable de fabriquer des outils, tout en pouvant encore grimper dans les arbres. Il doit y avoir eu, à la même période, des hominidés divers avec des mains différentes qui ont pu fabriquer les premiers outils.

Le bassin de A. sediba a des traits ancien et modernes, selon les chercheurs. Ce bassin est surprenant car son aspect moderne diffère de celui du cerveau qui est lui, encore petit.

On est jusqu'ici parti de l'idée que c'est la grandeur du cerveau qui a forcé l'évolution du bassin de manière à ce que ce dernier à laisse peu à peu passer des bébés à la tête de plus en plus grande. Il se peut aussi, toutefois, qu'une branche des ancêtres de l'homme ait présenté des bassins féminins plus larges, favorisant le passage de têtes plus grosses.

Source : Tribune de Genève du 08/09/2011