lundi 12 septembre 2011

L'australopithèque de Malapa capable de fabriquer des outils avant Homo habilis

Une étude publiée hier révèle que si l’australopithèque de Malapa grimpait aux arbres comme un singe, il était également capable de fabriquer des outils, et ce, bien avant l’Homo habilis, comme on le pensait jusqu’alors.

Des squelettes fossilisés d’australopithèques, datant de 1,9 millions d’années, ont été retrouvés en 2008 dans la grotte de Malapa, en Afrique du Sud. Depuis, plus de 220 ossements provenant d'au moins cinq individus, dont des bébés et des jeunes enfants ont été découverts. Selon l’étude rendue publique hier dans la revue Science, ces hominidés, capables de grimper aux arbres comme les singes, possédaient également de longs doigts agiles et étaient en mesure de fabriquer des outils.

Jusque là, les scientifiques pensaient que l’Homo habilis était le premier hominidé à avoir su concevoir des outils. Ils se basaient alors sur une série d'os de la main retrouvés en Tanzanie et datant de 1,75 million d'années. Mais après une étude minutieuse menée par 80 scientifiques du monde entier, il semblerait bien qu’il ait été détrôné par les deux australopithèques de Malapa (appelés aussi australopithèques sediba) examinés.

Les fossiles de la femme et du jeune garçon retrouvés dans la grotte de Malapa avaient un très long pouce et de puissants doigts qu'ils auraient pu utiliser pour fabriquer des outils, et ce malgré le fait que leur cerveau était de la taille de celui d'un grand singe, indique l'étude. Les os des mains "révèlent un mélange surprenant de caractéristiques dont nous n'aurions pas imaginé l'existence dans une même main", indique Tracy Kivell de l'Institut allemand d'anthropologie évolutionniste Max Planck.

De longs doigts et un poignet puissant

"Il y a ce long pouce, et de manière surprenante ce pouce est encore plus long que celui que nous voyons chez l'homme moderne", ajoute la chercheuse. "Le poignet était aussi plus à même de supporter des poids élevés qu'il aurait pu avoir à soulever au moment de l'utilisation d'outils", et il avait de longs et fins doigts "capables de puissantes prises. Ce mélange de morphologies suggère que l'australopithèque de Malapa employait encore ses mains pour grimper aux arbres, mais avait aussi une dextérité nécessaire à la fabrication d'outils en pierre".

"Si ces ossements n'avaient pas été retrouvés collés les uns aux autres, l'équipe aurait pu dire qu'ils appartenaient à des espèces différentes", explique Bernard Zipfel de l'université du Witwatersrand, en Afrique du Sud. L’étude, qui a également porté sur le reste des squelettes, a également permis de déterminer que les australopithèques de Mapala "combinent les caractéristiques des grands singes et celles de l'homme en un seul ensemble anatomique", comme l’affirme Lee Berger qui était à la tête de l'équipe de chercheurs.

Source : MaxiSciences du 09/09/2011