mardi 13 septembre 2011

Les origines de l'homme remises en question

Une découverte primordiale vient dêtre faite dans le monde de la paléontologie. Jusqu'alors, les théories scientifiques s'accordaient à dire que l'Homme descendait directement de l'Australopithèque, lui même descendant du singe. Mais une étude publiée dans le dernier magazine «Science» remet en question cette thèse.

Il y aurait une espèce intermédiaire entre les Australopithecus et les Homo : l'Australopithecus sediba.

Cette avancée survient après la découverte de deux corps fossilisés en 2009 dans une grotte de Malapa, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Johannesburg, en Afrique du Sud. Datant de 1,9 million d'années, ces squelettes appartiennent à une jeune fille d'une vingtaine d'années et à son jeune fils, tous deux victimes d'une chute d'une dizaine de mètres dans une faille de cette formation calcaire.

«C’est un fossile de transition»

En étudiant les mains des spécimens, les scientifiques ont découvert un «mélange surprenant de caractéristiques». «Son pouce est encore plus long que celui que nous voyons chez l'homme moderne. Le poignet était aussi plus à même de supporter des poids élevés qu'il aurait pu avoir à soulever au moment de l'utilisation d'outils», décrit Mme Kivell, co-auteur de l'étude. «Ce mélange de morphologies suggère que l'australopithèque de Malapa employait encore ses mains pour grimper aux arbres, mais avait aussi une dextérité nécessaire à la fabrication d'outils en pierre», souligne la chercheuse.

La forme de leur pied a aussi créé l'étonnement chez les scientifiques. Il laisserait penser que cette espèce pouvait marcher debout mais aussi grimper sur des arbres comme les chimpanzés. L'étude du bassin de la femelle a quant à elle remis en question la théorie selon laquelle la taille importante du cerveau aurait agrandit le bassin féminin pour l’accouchement. Le bassin du spécimen femelle est en effet plutôt large et son cerveau petit.

Le professeur Lee Berger, qui a découvert les squelettes, conteste de son côté l’appellation «chaînon manquant», sur le site sud-africain Business Day : «Nous n’utilisons pas ce terme car ce n’est pas une découverte capitale, il s'agit plus d'une branche de l'Homo. C’est un fossile de transition avec des traits mixés, à la fois anciens et modernes.»

Source : Le Parisien du 09/09/2011