jeudi 8 septembre 2011

L’homme moderne serait métisse : sapiens et néandertalien

Le patrimoine génétique de l’homme moderne résulterait d’un métissage entre plusieurs espèces d’hominidés.  Nos ancêtres Homo sapiens ne sont peut être pas les seuls…

D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? L’homme moderne descend t-il d’une seule espèce d’hominidés, génétiquement isolée ? Des questions auxquelles tente de répondre la génétique. Jusqu’ici, il était de notoriété publique que notre ancêtre se dénommait Homo sapiens. L’homme moderne aurait ainsi hérité des gênes du plus évolué des hominidés. La réalité paraît plus complexe. L’Homo sapiens aurait bien pu se mélanger avec d’autres espèces du genre Homo, selon l’étude publiée aujourd’hui dans le magazine Proceedings of the National Academy of Sciences.

En 2010, le séquençage partiel de l’ADN néandertalien révélait son métissage ancien avec les hommes modernes eurasiens. L’homme de néandertal, longtemps considéré comme une sous-espèce du genre Homo, vivrait encore à travers nos gènes.

Aujourd’hui, Michael Hammer, biologiste à l’université d’Arizona, et ses collègues le prouvent. Ils ont analysé l’ADN de deux groupes de chasseurs-cueilleurs africains, les Biaka et les San, et celui d’une population agricole d’Afrique de l’Ouest, les Mandenka.

Chacun de ces groupes descend de populations n’ayant jamais migré hors d’Afrique. Leur diversité génétique s’en trouve appauvrie. Il devient dès lors plus facile de retrouver la trace d’un métissage génétique antérieur. Les chercheurs n’ont cependant pu comparer le génome à celui du néandertalien, disparus depuis longtemps, mais ont procédé par simulation informatique.

Plus de 2% du génome de certaines populations africaines correspond à celui d’une espèce proche de l’Homo sapiens : celle du plus archaïque homme de néandertal. Un patrimoine génétique hérité il y a 35 000 ans.

Cette découverte contredit le consensus classique selon lequel nous descendons tous d’une même population africaine, au matériel génétique “pur “. Une espèce moderne qui aurait détrônée toutes les autres.

“Nous devons remettre en question le modèle standard de l’origine de l’homme moderne,” explique Hammer, cité par le magazine Nature. Une découverte à néanmoins prendre avec des pincettes. “Seule l’analyse du génome complet des populations africaines viendra clore cette série d’hypothèses, insiste la généticienne Sarah Tishkoff, de l’université de Pennsylvanie à Philadelphie.”