mercredi 28 septembre 2011

L'Ugandapithecus : des caractéristiques communes avec des singes asiatiques

Lundi 19 septembre, les scientifiques du Muséum d’Histoire naturelle ont présenté à Paris le crâne d'Ugandapithecus major, un primate fossile, qu’ils ont découvert en juillet en Ouganda, et dans lequel ils ont d’ores et déjà retrouvé des traits physiques que partagent aujourd’hui des singes…  asiatiques.

Si l’espèce était déjà connue des paléontologues, grâce notamment à des fragments déjà découverts au même endroit par la même équipe, qui travaille depuis 25 ans sur ces pentes du volcan Napak, au nord-est de l'Ouganda, Ugandapithecus major n’avait encore jamais offert son crâne à leur curiosité scientifique. C’est désormais chose faite avec le spécimen mis au jour en juillet dernier, présenté en public lundi par Brigitte Senut, du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris (MNHN).

"On sait qu'il s'agit d'un jeune adulte car ses canines sont déjà fortes mais ses molaires ne sont pas encore usées", a précisé la paléontologue, expliquant que les ossements avaient été fossilisés par la lave crachée par le Napak, vraisemblablement situé à l'époque dans un environnement tropical humide et fortement boisé, comme l'attestent les nombreux fossiles de plantes et d'animaux. Les chercheurs ne désespèrent donc pas de trouver le squelette du spécimen lors d'une prochaine campagne de fouilles

De la taille d’un gibbon, ce grand singe arboricole vieux de 20 millions d’années, antérieur à la séparation des lignées homme-grands singes actuels, apportera sa moisson d’informations sur l’évolution de la lignée commune d’avant cette bifurcation. Les chercheurs ont déjà repéré sur ce crâne fossile – pourtant africain – des ‘creux’ caractéristiques des grands singes asiatiques actuels, notamment les orangs-outangs, et non des chimpanzés ou des gorilles. "Mieux connaître le ‘vivier’ qui précède l'histoire de notre famille, c'est particulièrement précieux", a précisé le paléoanthropologue Yves Coppens, qui a assisté à la présentation.

Source : MaxiSciences du 20/09/2011