lundi 10 octobre 2011

Dans un an, Lascaux 3

Excellente nouvelle : « Lascaux va bien », a lancé jeudi Yves Coppens devant le Comité de pilotage artistique et scientifique de Lascaux 3, qui siégeait pour la troisième fois. Un autre « préhistorien vedette » était le conservateur général du patrimoine Jean Clottes.

Cette réunion au Conseil général avait pour but de valider le programme préliminaire et l'avant-projet de scénographie de l'ambitieux projet de Lascaux 3.

Qu'est-ce à dire ? « Après Lascaux 2 avec la salle des Taureaux et le Diverticule axial, Lascaux 3 proposera la Nef de Lascaux, reproduite pour le grand public des plus gros musées du monde. Lascaux 4 enfin fournira une image de toute la grotte, à Montignac », a précisé d'entrée le président Bernard Cazeau.
Cinq fac-similés

Le directeur du projet, Olivier Retout, a indiqué pour sa part comment, conçue autour de cinq fac-similés grandeur nature, des parois ornées de la Nef (frises des Bisons et de Chevaux, Vache noire, Bisons adossés et frise des Cerfs) et du Puits, Lascaux 3 s'étendra sur 800 m². Elle sera exposée d'ici un an en première mondiale, pour trois mois, à Cap Sciences à Bordeaux. Cela faute de pouvoir l'être à Paris : le musée de l'Homme, à Chaillot, est loin d'être rénové et Saint-Germain-en-Laye est trop petit.

Il a évoqué ensuite les étapes suivantes dans le monde, avec transport en neuf conteneurs volumineux, servis par une équipe de spécialistes : Fields Museum de Chicago en mars 2013, puis musées de Montréal et Victoria (Canada), Sydney et peut-être Shanghai, puisque son guidage franco-anglais pourrait s'étendre au chinois. On parle aussi de la Corée du Sud.
Secret de fabrication

En présence de Muriel Mauriac conservatrice de la grotte, de Dany Barraud directeur régional de l'archéologie, de Jacques Buisson-Catil tout nouveau directeur du Pôle international de préhistoire, et de Jean-Michel Geneste directeur du Centre national de préhistoire, Bernard Cazeau a souligné la force du Périgord dans ce dossier.

« Nous sommes seuls, dit-il, à savoir faire ce genre de fac-similés, si différents de ce qui fut construit en ciment par le passé. Nous caressons même le projet de reproduire la grotte Cosquer, dans les Bouches-du-Rhône. Quant au montant, Lascaux 3 coûte 2, 8 millions d'euros et, bien entendu, nous le louerons… sauf à Bordeaux, puisque la Région Aquitaine a été avec la Dordogne, l'État et le Feder européen, un de ses principaux financeurs. »
Révolution mentale

Devant le parterre des élus et administratifs concernés, le mot de la fin est revenu à Yves Coppens, qui a affirmé la révolution mentale induite par ce Lascaux 3, faisant franchir les mers à l'œuvre de Cro-Magnon : « Les musées d'art se contentent d'accrocher des tableaux. Or, l'art préhistorique se trouve lié à la préhistoire en général, laquelle est rattachée aux sciences naturelles. On arrive ainsi à des cloisonnements d'esprit dommageables. »

Constat pourtant : « Entre le musée de l'Homme et celui du quai Branly, rien n'a été simple. En revanche, le Louvre a su enfin se créer une aile pour les arts premiers. Tout évolue… »

Source : Sud-Ouest du 08/10/2011