mercredi 19 octobre 2011

L'ADN, nos ancêtres et nous sur Arte

L'ADN, nos ancêtres et nous
À voir le 18/10/2011 à 20h41 sur Arte
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En fin de compte, l'histoire de l'humanité serait quelque chose de très simple : à partir du premier organisme vivant formé dans l'eau de l'océan, il y a un peu moins de quatre milliards d'années, les cellules se sont développées pour engendrer la diversité terrestre.

Pas la peine de se triturer les ­méninges à la recherche de théories ­fumeuses, le code génétique est universel. Il est de même nature aussi bien dans un brin d'herbe que chez un éléphant, un homme ou un putois, comme le souligne le généticien Axel Kahn, ­interviewé dans le documentaire L'ADN, nos ancêtres et nous, réalisé par Franck Guérin et Emmanuel Leconte, diffusé ce soir. Les auteurs ont réussi la gageure d'essayer (sans y parvenir vraiment quand on n'est pas au fait de ces questions) de rendre grand ­public un sujet complexe, un voyage au coeur de nos cellules pour mieux comprendre l'humanité.

On va d'étonnement en étonnement. L'homme et la levure ont un ancêtre commun, tout comme la mouche ou un champignon qui a vécu il y a 2,5 milliards d'années ; l'ADN de deux individus pris au hasard sur la planète ne ­diffère que de 0,1 %, et notre ADN est le même que celui d'un chimpanzé à 99 %. On apprend que la population mondiale descend directement d'un petit groupe d'individus qui vivaient en Afrique, sans doute du côté de l'actuelle Namibie, il y a 200 000 ans.


Au fil du temps, des Homo sapiens ont quitté le berceau de l'humanité pour coloniser d'autres parties du monde, se rendant en Asie en suivant les côtes puis en Australie tandis qu'une autre vague, profitant de la glaciation du détroit de Béring, est passée en Amérique pour ­aller jusqu'à la Terre de Feu. Donc, comme insiste le Prix Nobel Desmond Tutu, non sans malice, « nous sommes tous des Africains ». Les Homo sapiens ont croisé d'autres types d'homme, comme ceux de la lignée néandertalienne, mais eux seuls ont survécu. Le corps humain s'est adapté aux conditions ­climatiques, notamment la couleur de la peau, qui, en fonction des variations d'ensoleillement, s'est blanchie.

Généticiens, paléo-anthropologues et archéologues se succèdent, expliquant par exemple que si les Orientaux ont les yeux en amande, c'est que le chef d'une tribu a dû avoir une concubine qui avait cette forme d'oeil, qu'ils ont eu des enfants nombreux et qu'au fil des générations ce critère s'est généralisé. Il ne s'agit donc pas, comme beaucoup l'ont cru et l'ont utilisé dans un discours sur la différence, de l'effet d'une quelconque sélection. Une scientifique explique d'ailleurs qu'un corps petit et rond s'adaptera plus facilement à un climat froid et une forme longue et fine à un climat chaud et sec.

Desmond Tutu se félicite de ces recherches : « Enfin, l'Afrique est au coeur de l'aventure humaine ! Nous formons la même famille, nous sommes tous des Africains. » Un joli coup de canif dans les théories raciales, qui ne reposent sur aucun fondement. Et en guise de conclusion, cette remarque du généticien des populations Mark Stoneking : « C'est à nous de décider comment on se comporte les uns envers les autres.

Le teaser :


Source : Le Figaro du 18/11/2011