vendredi 11 novembre 2011

Génétique : Homo sapiens est sorti d'Afrique via la péninsule arabique

Publiant ses travaux dans la revue Molecular Biology and Evolution, une équipe internationale, a développé avec l’aide d’IBM une nouvelle approche pour étudier la diversité génétique humaine. Grâce à cela, elle a découvert une route migratoire de nos ancêtres sortis d’Afrique passant bien plus au Sud que prévu, par la côte méridionale de l’Arabie et du Moyen-Orient.

Depuis 6 ans, le Genographic Project, une étude génétique internationale dirigée par le Dr Spencer Wells, s’appuie sur les puissants calculateurs du Computational Biology Center d’IBM pour explorer les modes de recombinaison au sein du génome humain. Un processus naturel qui fait se diviser et se recombiner nos molécules d'ADN.

"Près de 99% du matériel génétique d'un individu est fait de ‘couches’ d'empreintes génétiques de nombreuses lignées. Notre défi était de savoir s'il était encore possible de démêler ces lignées afin d’en comprendre les points communs. Grâce à une approche analytique et de modélisation mathématique, nous avons entrepris la tâche complexe de reconstituer l'histoire génétique d'une population", explique ainsi Laxmi Parida, d’IBM cité par BBC News.

Or, ces chercheurs ont constaté que les populations indiennes actuelles avaient une plus grande diversité génétique – donc une plus grande ancienneté – que les Européens et les Asiatiques de l'est. Ce qui suggère que les premiers Homo sapiens sortant d’Afrique (il y a 60 à 70.000 ans), plutôt que de passer par l’Égypte et le Sinaï, ont suivi une route côtière, passant (vraisemblablement à pied sec, vu le niveau de la Mer Rouge à l’époque) de la corne de l’Afrique à la Péninsule Arabique, puis longeant la côte sud de cette dernière pour atteindre, assez tôt, le sous-continent indien.

"Cela suggère que d'autres domaines de recherche tels que l'archéologie et l'anthropologie devraient rechercher des indices supplémentaires sur la route de migration des premiers humains", conclut Ajay Royyuru, co-auteur de l’étude, laquelle a utilisé du matériel génétique issu de près de 500.000 personnes du monde entier.

Source : MaxiSciences du 07/11/2011