vendredi 11 novembre 2011

Les petits-enfants de Lucy s'invitent au Muséum

Cinq doigts, fins, longs, élégants, graciles… C'est une petite main qui vient serrer la nôtre, avec deux millions d'années de distance…

Aujourd'hui, à 18 h 30, au Muséum de Toulouse, on pourra repartir sur les traces de nos ancêtres, avec le professeur Lee Berger, un chercheur Sud Africain, qui dans ces terres où l'on a déniché nos plus lointains aïeux, il vient de découvrir deux squelettes très complets d'hominidés. Chose exceptionnelle, les étonnants moulages de ces squelettes seront présentés au Muséum : un bout de fémur, un morceau de bassin, un crâne, et cette menotte qui nous fait coucou depuis le fond des âges.

C'est dans une carrière de calcite, en Afrique du Sud que Lee Berger a fait cette rencontre en cheminant le long d'une faille géologique. Car comme nous, les pré-humains de cette époque avaient tendance à s'installer (et donc à mourir !), près des points d'eau.

« C'est un peu comme si on avait découvert deux « Lucy », mais beaucoup plus proches des humains, explique le professeur José Braga, de l'Université de Toulouse. Ces êtres ont vécu près d'un million d'années après l'australopithèque découverte par Yves Coppens. Ce qui est très émouvant, c'est que ces squelettes présentent des caractères d'australopithèques, comme Lucy, mais aussi des caractères très modernes ! »

Le professeur Lee Berger, paléoanthropologue à Johannesburg.



Le professeur Lee Berger, qui a travaillé avec José Braga en Afrique du Sud, à la poursuite de fossiles pré-humains, va lui confier ces squelettes pour qu'il les étudie. L'anthropobiologiste toulousain est spécialiste de l'analyse des fossiles en trois dimensions par ordinateur : grâce à ces techniques, on peut quasiment visiter l'intérieur des os, notamment du crâne. Et cela donne de précieuses indications qui permettent des comparaisons avec des fossiles plus anciens ou plus modernes.

« Nous allons disposer d'un portrait-robot complet, poursuit José Braga. Le bassin, les pieds, les proportions se rapprochent de ceux de l'homme, avec probablement une façon de marcher qui ressemble davantage à la nôtre. Et cette main est vraiment très humaine, à ceci près qu'avec des doigts aussi longs, notre australopithèque aurait pu enfiler beaucoup plus de bagues ! »

Est-ce que cet Australopithecus sediba est l'ancêtre du genre Homo ? En tout cas, il est particulièrement bien placé. Et une fois de plus, il vient semer la pagaille dans le grand arbre généalogique de notre espèce.