mardi 22 novembre 2011

L'homme de Néandertal, victime de son succès ?

Des chercheurs américains ont modélisé sur ordinateur diverses informations liées à la période de cohabitation entre Néandertaliens et Hommes modernes, il y a 30 à 40 000 ans. Ils en concluent que les premiers, loin d’avoir été surpassés, ont simplement été ‘absorbés’ génétiquement par les seconds, bien plus nombreux, les deux espèces, tout aussi compétitives, s’étant métissées.


Néandertal, évincé par un sapiens bien plus intelligent, avant de disparaître ‘dans son coin’, il y 30.000 ans, en Eurasie ? Pas du tout, selon des chercheurs américains, qui ont ‘mouliné’ les données disponibles sur cette période dans leur ordinateur. Les deux espèces auraient été tellement proches, notamment sur le plan intellectuel et comportemental, qu’elles auraient tout simplement fusionné, d'après les travaux publiés dans la revue Human Ecology,

"Nous avons conçu des cadres théoriques et méthodologiques qui incorporent des données sur trois systèmes évolutifs : biologique, culturel et environnemental. Le résultat scientifiquement intéressant de cette recherche, qui a étudié les changements (…) survenus dans les comportements d’utilisation des territoires, c'est qu'elle montre comment les Néandertaliens pourraient avoir disparu non pas parce qu'ils étaient (…) moins doués (…), mais parce qu'ils étaient aussi sophistiqués, sur le plan comportemental, que l'homme moderne", commence le Pr Michael Barton, de l'Arizona State University.

"(…) L'homme moderne a sans doute vu dans les Néandertaliens des partenaires [sexuels] possibles. En conséquence, au fil du temps, les hommes de Neandertal se sont éteints en tant que population physiquement reconnaissable. (...) À bien des égards, ils ont tout simplement été victimes de leur propre succès", continue le Prof Riel-Salvatore, de l’Université du Colorado, co-auteur de l’étude.

Les chercheurs, puisant dans les données archéologiques empiriques, estiment que celles-ci valident leur modèle informatique. "En outre, notre modélisation prédit le faible nombre de gènes néandertaliens trouvés [dans notre génome moderne] lors des plus récentes études génétiques", conclut enfin le Professeur Barton.

Source : MaxiSciences du 19/11/2011