lundi 9 janvier 2012

Hommes et grands singes, un cerveau pas si différent

Les Hommes actuels, les grands singes africains et les hominidés fossiles présentent tous une asymétrie cérébrale, caractère anatomique relié aux fonctions cognitives supérieures.

Le cerveau des humains présente des asymétries qui seraient, selon les scientifiques, liées aux fonctions cérébrales supérieures : langage, cognition et latéralisation manuelle. Mais l’espèce humaine ne serait pas la seules à posséder de telles caractéristiques cérébrales révèle une étude publiée dans PLoS One.

Des chercheurs du CNRS et du Muséum d’Histoire Naturelle ont étudié les cerveaux des grands singes et de plusieurs espèces apparentées au genre humain fossiles (des Australopithèques aux Néandertaliens). Ils ont utilisé des modèles « virtuels » en trois dimensions du crâne et de la cavité endocrânienne, réalisés grâce aux progrès de l’imagerie médicale. Le résultat des analyses montre que le cerveau de tous les grands singes et les cousins disparus de l’humanité présentent des asymétries de forme.

Ces résultats ont d’importantes implications sur la compréhension des capacités fonctionnelles des hommes préhistoriques et des autres espèces du genre Homo. Les paléontologues supposaient que certaines formes d’asymétrie occipitale et frontale était associées au langage. Mais, il est maintenant démontré que les grands singes ont aussi ce type d’asymétrie, bien qu’ayant des modalités de préférence manuelle différentes et ne disposant pas du langage articulé des Hommes.

Ces dernières années, l’étude des crânes fossiles a pris une dimension particulière au sein de la paléontologie. L’imagerie 3D a fait entrer la fait rentrer dans une nouvelle ère lui autorisant des inquisitions toujours plus poussées. Les chercheurs peuvent aujourd’hui scanner des crânes et reconstituer à partir des clichés la forme des cerveaux. Antoine Balzeau, un des auteurs de cette publication, avait déjà réalisé pour Sciences et Avenir des reconstituions du cerveau de l’Homme de Cro-Magnon. Elles montraient que le cerveau des hommes actuels est plus petit que celui de certains hommes préhistoriques.

Source : Sciences et Avenir du 05/01/2012