mardi 31 janvier 2012

Néanderthal était notre cousin

Autrefois relégué au rang de sombre brute à peine plus évoluée qu’un grand singe, l’homme de Néanderthal s’humanise de plus en plus au fil des découvertes. Deux études récentes montrent que cette espèce, qui colonisa l’Europe de 300 000 ans jusqu’à 30000 ans avant Jésus-Christ, était beaucoup plus proche de nous qu’on ne le pensait autrefois.


C’est d’abord un travail de recherche américain, réalisé par plusieurs scientifiques de l’Arizona et publié dans « Human Ecology », qui confirme l’hypothèse que Néanderthal a disparu aussi parce qu’il s’est métissé avec notre espèce, l’Homo sapiens. Et ce, grâce à un programme informatique mis au point après analyse de 167 fossiles ou preuves de vie attribuées à Néanderthal. L’étude affirme que les deux variétés se sont mélangées, Homo sapiens prenant le dessus.

Un langage plus sophistiqué qu’on ne le croyait

Néanderthal nous ressemblait aussi beaucoup, car son langage était sans doute beaucoup plus sophistiqué qu’on ne le croyait. Une étude canadienne publiée dans l’« Oxford Journal of Archeology » calcule que cet homme préhistorique pouvait se déplacer en bandes de 200 à 500 individus, ce qui implique des moyens de communication pour pouvoir coordonner des actions comme la chasse.

« Ces études viennent confirmer des hypothèses émises déjà depuis des années, souvent à contre-courant, souligne la préhistorienne Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS*. Autrefois, nous ne pouvions nous appuyer que sur des fossiles, aucun cadavre entier n’ayant été découvert intact, congelé, par exemple comme un mammouth. Aujourd’hui, la génétique nous aide énormément. Nous en sommes à 63% du déchiffrage du génome de Néanderthal. »

Les analyses ADN montrent ainsi qu’il y a bien eu hybridation avec Homo sapiens. « Elle s’est produite entre 80 000 et 50 000 ans avant notre époque, et nous avons encore de 1 à 4% de gènes en commun avec Néanderthal », précise Marylène Patou-Mathis. « La chute de l’espèce était déjà engagée lorsque les Sapiens sont arrivés en Europe. La dilution au sein des nouvelles populations a accéléré le phénomène. »

La génétique conforte également l’hypothèse du langage pratiqué par cet homme préhistorique : « Il possédait un gène associé au langage que nous avons aussi », détaille la spécialiste. Néanderthal était donc bien notre cousin…

Source : Le Parisien du 30/01/2012