mercredi 18 juillet 2012

Un bel ancêtre exhumé en Afrique du Sud

Il vivait il y a douze millions d’années et avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. L’australopithèque dont le squelette est le mieux conservé à ce jour vient d’être trouvé en Afrique du Sud.

Le squelette « le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme », appartenant à un australopithèque vieux de deux millions d’années, a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo. L’annonce en a été faite par le professeur Lee Berger, de l’université du Witwatersrand de Johannesburg, qui a identifié au scanner des fragments importants d’ossements enchâssés à l’intérieur d’un bloc rocheux d’un mètre de diamètre.

La découverte de Karabo a été fortuite. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire, dans l’attente d’être analysé. C’est en le déplaçant qu’un technicien a remarqué une dent qui semblait surgir de la pierre. Le bloc rocheux sera prochainement cassé pour en extraire les fossiles pétrifiés.

Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l’espèce « Australopithecus Sediba », et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de « berceau de l’humanité », inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d’un fémur complet comme il n’en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d’autres éléments de membres.

Mangeur d’écorces

Australopithecus Sediba n’est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu’il a vécu il y a environ deux millions d’années, à peu près à l’époque où les primates du genre « homo », nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg. « Ce qui rend ce site unique , a expliqué Bonita De Klerk, chef de laboratoire à l’université de Johannesburg, c’est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle ». La place de Sediba dans l’arbre généalogique de l’espèce humaine n’est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d’Australopithecus Africanus, lui-même issu d’Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre « Lucy » vieille de trois millions d’années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l’humanité.

L’espèce fascine les scientifiques, car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu’il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision. L’étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant : alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Sediba préférait largement le bois et les écorces d’arbres.

Source : Le Républicain lorrain du 14/07/2012