mardi 19 mars 2013

Des dents de oustitis suggèrent que l'Homme de Florès était bien une espèce naine

Reconstitution de l'homme de Florès
Publiant leurs travaux dans le Journal of Evolutionary Biology, des chercheurs britanniques ont étudié les différentes modalités de croissance chez certaines espèces naines de primates. L’un de ces modèles de développement pourrait-il s’appliquer au minuscule Homme de Florès, découvert il y a une dizaine d’années ?

Certaines espèces de primates, bien que dérivant d’espèces de taille ‘normale’, sont minuscules, tant chez le nouveau-né que chez l’adulte. Parmi ces formes de taille réduite, celles de la famille des Cheirogaleidae (les plus petits des primates) et celles de la famille des Callitrichidae (les plus petits des singes proprement dit). Stephen Montgomery et Nicholas Mundy, de l’université de Cambridge, ont étudié les processus de croissance chez ces deux groupes.

Chez le premier, la petite taille est liée à une réduction de la durée des phases de croissance (par rapport aux familles voisines, comprenant des espèces plus grandes). Chez le second groupe, en revanche, la réduction de taille est due presque exclusivement à une altération du taux (donc de la vitesse) de la croissance prénatale. Au sein de cette dernière catégorie, le ouistiti pygmée (Callithrix pygmaea) possède, en conséquence, un phénotype (un aspect) plutôt atypique, disent les chercheurs.

Une petite taille liée à une pression environnementale ?

Or, cet aspect (dents de faible hauteur, notamment) et cette ascendance (il est issu d’une espèce de plus grande taille), selon les auteurs, rapprochent ce singe d’un des 2 modèles - antagonistes - proposés pour expliquer la taille et l’apparence du Hobbit, l’Homme de Florès (Homo floresiensis). Un homininé (contemporain de l’Homme dit 'de Cro-Magnon', notre ancêtre) dont les fossiles ont été découverts en Indonésie en 2003. Selon ce modèle, le Hobbit dériverait du ‘grand’ Homo erectus.

Selon les chercheurs, c’est sous la pression environnementale de son habitat insulaire réduit qu’il aurait évolué pour devenir ce petit homme d’environ 1 mètre. Trouver chez une autre espèce naine de primate un mode de développement compatible avec ce scénario pourrait donc renforcer les arguments des partisans de cette hypothèse. Le modèle alternatif, soutenu par d’autres anthropologues, suggère lui que les Hobbits n’étaient que des Homo sapiens atteints d’une forme de nanisme pathologique.

Source : MaxiSciences du 16/03/2013