mercredi 17 avril 2013

L’évolution humaine a pris un tournant avec Australopithecus sediba

De nouvelles analyses de squelettes fossiles d’A. sediba, renforce l’idée que cette espèce constitue un pont évolutionnaire entre les australopithèques anciens et les premiers hommes.

ANCETRE. Depuis la découverte de fossiles en 2008 dans une caverne à Malapa en Afrique du Sud, Australopithecus sediba suscite l’intérêt des spécialistes de l’évolution qui qualifie cette espèce de mosaïque tant chez elle les caractères simiesques et humains sont mélangés. Vieux de deux millions d'années, sediba serait l'un de nos premiers ancêtres le plus proche, révèlent six nouvelles études publiées jeudi dans la revue Science.

Des squelettes bien conservés

Si A. sediba est si bien connu quelques années seulement après la découverte des premiers spécimens, c’est grâce à un coup de chance : les paléontologues sont tombés sur deux squelettes assez complet d'un jeune mâle et d'une femelle ainsi que le tibia isolé d'un adulte.

Crâne d'un A.sediba.

Cela a permis une analyse complète qui a constaté que le bassin, les mains et les dents des fossiles sont de type humain alors que les pieds, les longs bras, les épaules et le haut de la cage thoracique s'apparentent au singe.

Quand on regarde ces squelettes sous tous leurs aspects, de la mâchoire au pieds, on voit partout des marques de la transition entre l'Australopithèque (un hominidé éteint) et le genre homo" à qui appartient l'homme moderne, souligne Darryl de Ruiter, professeur d'anthropologie à l'Université du Texas, co-auteur d'une des six études.

Une histoire de dents

Une des études a porté sur les dents de Sediba qui ont été comparées à huit autres hominidés africains dont des humains modernes et des espèces éteintes du genre Homo et d'Australopithèques.

Mâchoire inférieure de sediba.

Les chercheurs ont aussi examiné des dents de 44 gorilles et ont conclu que les caractéristiques dentaires établissaient un lien étroit entre Sediba et les premiers humains.

A de nombreux égards cette étude sur les dents confirme les résultats de travaux antérieurs sur Sediba dont l'analyse de l'intérieur du crâne, de la main, du pelvis, du pied et de la cheville, souligne Debbie Guatelli-Steinberg, professeur d'anthropologie à l'Université de l'Etat d'Ohio, un des auteurs de ces travaux. "Toutes ces recherches montrent jusqu'à présent que Sediba avait une mosaïque de traits primitifs et modernes qui font penser que cette créature a été un lien entre les premiers Australopithèques comme la célèbre Lucy et les premiers humains", ajoute-t-elle.

Quelle place dans l’arbre de l’évolution ?



Les chercheurs ne sont pas encore sûrs de savoir où situer A. Sediba dans la lignée évolutive de l’homme mais ces six études montrent que les fossiles de Malapa sont un exemple frappant de cette évolution.

Squelette de sediba au centre avec un homme moderne à gauche et un chimpanzé à droite. 

"Nous faisons peut-être la meilleure observation d'une ancienne espèce d'hominidé jamais conduite auparavant", juge le professeur Berger, de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, ajoutant que Sediba "devrait être considéré comme le meilleur candidat potentiel pour être l'un des tous premiers membres du genre homo".

Source : Sciences et Avenir du 11/04/2013