vendredi 14 juin 2013

Controverse : quand Homo sapiens est-il sorti d’Afrique pour coloniser l’Asie ?

Au terme d’une étude à la fois génétique et archéologique, des chercheurs britanniques, confirment leur hypothèse de 2005, selon laquelle la toute première migration Afrique-Asie de l’Homme anatomiquement moderne ne remonterait pas au-delà de -60.000 ans.

"Une des choses que nous n'avions pas en 2005, c’était ces nombreux éléments provenant de l'Inde en termes de séquences mitochondriales. Maintenant, avec tous ces gens qui font du séquençage et déposent leurs résultats dans les bases de données, il y a environ 1.000 séquences pour l'Inde", commence le Pr Martin Richards, de l’Université de Huddersfield (Royaume-Uni). Cette année-là, ce spécialiste avait dirigé une première étude pour estimer la date à laquelle les premiers migrants de notre espèce, Homo sapiens, quittant leur berceau africain, étaient arrivés en Asie du Sud.

Avec des collègues des universités de Cambridge, d'Édimbourg et d’York, et grâce notamment à ce nouvel apport de données indiennes, il a récemment mené une nouvelle étude sur ce thème, faisant, comme en 2005, parler "l’horloge moléculaire" humaine pour reconstituer les flux génétiques de notre passé à partir des données génétiques actuelles. Et il confirme sa conclusion d’il y a huit ans, à savoir qu’Homo sapiens, l’Africain, n’a arpenté l’Asie du sud qu’à partir de quelque -60.000 ans.

Une confirmation archéologique

"Nous pensons également que les similitudes étroites entre (…) les outils de pierre africains et indiens d’après -70 000 ans - ainsi que (…) des perles et des gravures - suggèrent que le matériel indien un peu postérieur à cette date a une source africaine", poursuit le Pr Richards dont l'étude est publiée dans le revue PNAS. Une confirmation archéologique des données inférées par la génétique, donc, selon le chercheur, qui dirige le groupe de recherches archéogénétiques de Huddersfield.

Ces conclusions réfutent celles d’une étude réalisée en 2007 par une autre équipe. Celle-ci avait découvert en Inde, sous les cendres volcaniques vielles de 74.000 ans issues d’une éruption du Mont Toba (Sumatra), des outils de pierre qu’elle attribuait à Homo sapiens. "Il y avait des gens en Inde avant l'éruption du Toba, puisqu’il existe des outils (…), mais ils auraient pu être néandertaliens - ou d’une autre population pré-moderne", conclut pour sa part le Pr Richards.

Source : MaxiSciences du 13/06/2013