vendredi 12 juillet 2013

Grotte Chauvet : l'espace de restitution sort de terre

Voici les images des premiers bâtiments qui abriteront dès 2015 l’espace de restitution de la Grotte Chauvet-Pont d’Arc.

L’espace de restitution de la grotte Chauvet ouvrira en janvier 2015.

À mi-parcours des travaux, Sciences et Avenir vous propose de découvrir les images des premiers bâtiments qui abriteront dès 2015, l’espace de restitution de la Grotte Chauvet-Pont d’Arc et son trésor mondial d’art pariétal. Le plus ancien connu à ce jour.

Le musée a été pensé « à la façon d’une empreinte de pâte d’ours »

Découvert en décembre 1994 par les trois spéléologues Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hilaire, la cavité préhistorique est ornée d’environ 430 représentations animales.

Dès janvier 2015, l’espace de restitution de la grotte Chauvet, situé sur le grand plateau du Razal, à sept kilomètres de Vallon-pont-d’Arc, en Ardèche, ouvrira ses portes au public. Cinq bâtiments se déploieront alors sur les quinze hectares dédiés à ce vaste ensemble muséographique, pensé par ses créateurs « à la façon d’une empreinte de pâte d’ours », l’animal emblème de la grotte Chauvet.

Le projet de l'espace de restitution de la Grotte Chauvet-Pont d'Arc pour son ouverture en 2015.

Pour l’heure, casque de chantier sur la tête, Albert Ollier, architecte de l’Atelier 3A, un des maîtres d'oeuvre de l’opération avec le Cabinet Fabre Speller, dévoile les réalisations en cours. Au détour du sentier, deux imposantes constructions apparaissent en effet au milieu du paysage sauvage et verdoyant de la vallée de l’Ibie.

ANAMORPHOSE. « Nous avons voulu intégrer au maximum les bâtiments dans les dépressions naturelles du relief pour apparaître le moins possible dans le panorama », déclare l’architecte. Avec ses 3 500 m2 de superficie, le bâtiment circulaire dit de l’anamorphose, celui à l’intérieur duquel sera présentée la réplique parfaite de la grotte ornée, est déjà bien avancé. Composé de deux parties, il a été orienté dans le même axe que la véritable cavité. À l’entrée, un grand mur de quatorze mètres de hauteur et d’une surface de 1 000 m2 sera couvert d’une armature s’inspirant des reliefs de falaises environnants.

Ce porche traversé, les visiteurs se retrouveront dans le saint des saints qui devrait les transporter 36 000 ans en arrière, quand les rhinocéros laineux et les lions des cavernes vagabondaient dans la région. Aujourd’hui, sur fond de ciel bleu, dans l’immense volume vide, des ouvriers installent l’une des charpentes métalliques où viendront se fixer plus de 200 000 câbles ! Ces suspentes soutiendront l’énorme cage grillagée couverte de béton, qui recevra la copie de la grotte.


Les premiers bâtiments de l'espace de... par sciencesetavenir

FAC-SIMILÉ. Réalisation architectonique, le fac-similé sera en effet suspendu pour des questions de déformation de matériaux. À l’intérieur de cette véritable matrice, les visiteurs se déplaceront sur des passerelles comme le font aujourd’hui les chercheurs dans la cavité originale, pour admirer les 8 000 m2 d’œuvres pariétales reproduits à l’identique.

Des supports et peintures sont en cours de réalisation dans plusieurs ateliers nationaux. « Comme le public ne pénétrera jamais dans le site authentique pour des raisons de préservation, ce projet de restitution est très ambitieux », explique Laurent Ughetto, du Conseil général du département de l’Ardèche. « Dans cette grotte bis, la température sera également abaissée de cinq à six degrés, pour retrouver l’ambiance caractéristique du milieu souterrain », précise Albert Ollier. Mais aussi pour diminuer le coût énergétique que pourrait représenter la gestion d’un tel volume. Comme l’ensemble des bâtiments, sa toiture sera végétalisée. Un grand soin a en effet été pris dès le début du chantier pour préserver l’environnement des lieux. Certaines des espèces végétales ont même été mises en culture par le paysagiste Franck Néau pour être par la suite replantées sur les toitures.

Très attendu du côté de la culture, l’ouverture de cet espace de restitution permettra à la région déjà connue pour la beauté de ses paysages et espaces naturels, de développer une économie touristique sur la totalité de l’année, au lieu de la seule période estivale actuelle.

La livraison prévue de l’intégralité des bâtiments est fixée au 15 janvier 2015. Un budget de 50 millions d’Euros a été alloué à ce projet.

Source : Sciences et Avenir du 06/07/2013