lundi 15 juillet 2013

L’homme de Florès est une espèce à part entière

Des chercheurs américains et allemands ont réalisé une étude high-tech du crâne du Hobbit, l’Homo floresiensis dont les fossiles ont été découverts en 2003. Ils rejettent l’hypothèse interprétant celui-ci comme un Homo sapiens atteint de pathologie et soutiennent la thèse d'une espèce humaine distincte.

Microcéphalie, syndrome de Laron, hypothyroïdie endémique ("crétinisme") : autant d’hypothèses proposées par certains scientifiques pour expliquer l’apparence de l’homme de Florès (surnommé le Hobbit). Cet humain d'un mètre de hauteur et vieux d’au moins 18.000 ans a été identifié en 2003 grâce à la découverte de plusieurs de ses fossiles sur l’île indonésienne de Florès.

Toutefois, son apparence laissaient les scientifiques perplexes, certains interprétant les fossiles comme ceux d'un simple Homo sapiens atteint d’une grave pathologie. Mais des chercheurs de la Stony Brook University de New York, de l'Université du Minnesota et de l’Université de Tübingen (Allemagne) viennent de porter un rude coup à cette vision des choses : l'homme de Florès ne serait pas un Homo sapiens.

Pour en arriver là, les chercheurs ont passé au crible une étude de morphométrie géométrique (utilisant des coordonnées 3D de surfaces anatomiques, l'imagerie informatique et les statistiques) du crâne de LB1 (le spécimen type du Hobbit), d’autres crânes d’espèces humaines disparues et ceux d’hommes actuels atteints de diverses difformités.

La preuve la plus complète

Les résultats de ces comparaisons penchent ainsi pour une autre hypothèse (du reste déjà soutenue par de nombreux autres chercheurs ): celle d’une espèce distincte. "Nos résultats fournissent la preuve la plus complète à ce jour reliant le crâne d'Homo floresiensis à des espèces humaines fossiles éteintes plutôt qu'à des humains modernes pathologiques. Notre étude réfute donc l'hypothèse que cet échantillon représente un homme moderne atteint d’une pathologie comme la microcéphalie", concluent les auteurs.

Source : MaxiSciences du 12/07/2013