mardi 22 octobre 2013

La découverte d'un crâne pourrait réécrire l'histoire de l'évolution

Ce crâne, vieux de 1,8 million d'années, a été découvert en Géorgie. Les scientifiques avancent l'hypothèse qu'une seule et même espèce a donné naissance à l'homme moderne, rapporte le magazine Science.

La théorie de l'évolution en passe d'être bouleversée par la découverte d'un crâne dans les collines géorgiennes. Selon la revue Science, ce fossile parfaitement conservé vieux de 1,8 million d'années semble indiquer que nous descendons d'une seule et même espèce. Jusqu'à présent, deux théories s'opposaient: cette hypothèse-ci et celle selon laquelle nous étions le croisement de plusieurs espèces.

Jamais un fossile de cette période n'avait été retrouvé dans un tel état. Surnommé "Skull 5", ce crâne comprend une petite boite cranienne (deux fois plus petite que la moyenne d'aujourd'hui), un large visage protubérant, et une forte mâchoire avec de longues dents. "Si le fossile de la boîte crânienne et de la face de ce crâne avaient été trouvés séparément et à différents endroits en Afrique, ils auraient pu être attribués à des espèces différentes car ce crâne est le seul découvert à ce jour à réunir de telles caractéristiques", a indiqué Christoph Zollikofer de l'Institut d'Anthropologie de Zürich (Suisse), un des co-auteurs de cette découverte.
Cinq crânes découverts sur un même site

Sur le même site, les scientifiques ont également découvert des restes de quatre autres individus de la même époque. Bien qu'en moins bon état que "Skull 5", les chercheurs ont cependant pu identifier qu'ils appartenaient à un homme âgé dépourvu de dentition, à un autre homme, à une jeune femme et à un adolescent de sexe inconnu. Ils ignorent cependant s'il s'agit de membres d'une même famille.

Les paléonthologues ont dans un premier temps comparé les traits physiques de ces cinq crânes puis ont répété l'opération avec des fossiles de la même époque découverts en Afrique, en Asie et en Europe. "Comme nous observons un type et une gamme de variations semblables dans les fossiles d'hominidés africains il est raisonnable de penser qu'il n'y avait qu'une seule espèce à ces périodes en Afrique", a poursuivi le chercheur. "Et comme les hominidés de Dmanisi ressemblent beaucoup à ceux d'Afrique, nous pouvons penser qu'ils appartiennent bien tous à la même espèce".

Ils ont cependant noté dans leurs travaux que certaines variations, dues notamment aux conditions climatiques, existaient au sein de cette même espèce.
Des conclusions loin de faire l'unanimité

Néanmoins, certains chercheurs se montrent sceptiques quant à cette découverte. Elle va en effet à rebours d'autres études, notamment celle publiée en 2012 dans la revue Nature. Les analyses d'une face, d'une mâchoire inférieure complète et d'une partie d'une seconde mâchoire inférieure découvertes entre 2007 et 2009 au Kenya ont alors conduit les chercheurs à conclure que ces fossiles confirmaient que deux espèces distinctes d'Homo erectus (Homo habilis et Homo rudolfensis) ont co-existé en Afrique il y a près de deux millions d'années.

Source : L'Express du 18/10/2013