vendredi 13 décembre 2013

Paranthropus boisei : un homininé fossile plus robuste qu’on ne le pensait

Une équipe internationale de chercheurs a étudié de nouveaux ossements fossilisés d’un préhumain d’une espèce déjà connue, Paranthropus boisei. Ils ont ainsi précisé les caractéristiques de cette espèce jusqu’alors mal connue à cause du caractère fragmentaire des précédents fossiles.

Découvert lors de fouilles menées en 2010-2011 dans les gorges d’Olduvaï, en Tanzanie, haut lieu de la paléontologie humaine, ce squelette partiel d’un Paranthropus boisei adulte est une mine d’informations pour les scientifiques américains, tanzaniens et espagnols qui l’ont étudié. Il comprend en effet des os du bras, de la main, de la jambe et du pied, alors qu’on connaissait surtout, jusqu’à présent, le crâne et la mâchoire de cette espèce.

L'homininé est apparu il y a 2,3 millions d'années et descend probablement de certains australopithèques. Décrit dans la revue PLoS ONE, le nouveau fossile, qui date de 1,34 million d'années, est sans doute celui d’un des derniers représentants de l’espèce. "C'est la première fois que nous trouvons des os suggérant que cette créature - combinant locomotion terrestre bipède et certains comportements arboricoles - était bâtie de façon plus robuste que nous ne l’avions pensé".

"Elle semble avoir les muscles de l'avant-bras bien formés, utiles pour le grimper, la manipulation fine [d’objets] et toutes sortes de comportements", explique l’anthropologue Charles Musiba, de l'Université du Colorado à Denver.

Un individu très fort

La découverte permet de mieux comprendre la physiologie de cette espèce et comment elle était adaptée à la nature de son habitat. "Nous savions [déjà] quel type de nourriture elle mangeait - elle était omnivore, avec une préférence pour les aliments végétaux - mais nous savons maintenant […] comment elle se déplaçait, et [notamment] qu'elle grimpait aux arbres".

"Nous savons [aussi] qu'elle était très forte. C'est une chose sans précédent de voir combien cet individu était fort", précise le chercheur. Le squelette fossilisé sera exposé, à partir de 2014, au Musée national de Dar es Salaam, en Tanzanie, dans le cadre d'une grande exposition sur les origines de l’Homme.

"C'est une autre branche de notre arbre d'ascendance. [P. boisei] est apparu plus tard que les autres homininés, et la question est maintenant : que lui est-il arrivé ? Nous allons faire d’autres recherches sur sa biomécanique pour voir ce que cette créature pouvait faire d’autre. Plus nous trouvons de ces fossiles, plus nous en apprenons sur l'histoire de ces espèces", conclut Musiba.

Source : Maxi Sciences du 07/12/2013