samedi 4 janvier 2014

L'homme de Néandertal inhumait bien ses morts

De nouvelles découvertes mettent fin à un débat qui remonte au début du siècle dernier.

DEBAT. Avec la découverte de sépultures néandertaliennes sur le site de La Chapelle-aux-Saints, il y a plus d'un siècle, un débat autour des pratiques funéraires et notamment celle de l'inhumation chez les Néandertaliens faisait rage au sein de la communauté scientifique. De nouvelles fouilles archéologiques sur ce site d'Europe occidentale et un réexamen des restes humains découverts au début du XXème siècle prouvent l'existence d'une sépulture néandertalienne et permettent de mettre fin au débat.

Un comportement moderne face à la mort

De récents travaux avaient remis en question l’hypothèse selon laquelle l’homme de Néandertal pratiquait des inhumations. En cause : les techniques de fouille du début du 20ème siècle jugées inadaptées pour soutenir une telle interprétation.

D'un autre côté ces dix dernières années les scientifiques penchent de plus en plus pour l’existence d’un comportement symbolique chez cet hominidé, notamment avec l'utilisation intensive de pigments ou la collecte de coquillages et de plumes décoratives. Dans ce contexte, il était essentiel de reconsidérer le comportement de l'homme de Néandertal face à la mort.

CAVITE. Une équipe française du CNRS associée à la société Archéosphère et au service régional de l'archéologie du Limousin a mené de nouvelles fouilles archéologiques sur le site de La Chapelle-aux-Saints, alliées à un réexamen des restes humains découverts au début du XXème siècle.

Les travaux ont démontré que la cavité dans laquelle a été découvert le premier squelette néandertalien considéré comme témoignant d'une sépulture (appelée la bouffia Bonneval) faisait partie d'un complexe de sept grottes le long d'une même ligne de falaises. La reprise des fouilles dans cette cavité a permis de retrouver la fosse dans laquelle le squelette avait été découvert et d'établir qu’elle a bien été creusée par l’homme.

PROTECTION. L'étude des restes osseux humains atteste également d'une protection rapide du cadavre alors que d'autres vestiges animaux semblent avoir été exposés assez longtemps à la surface du sol. Ces deux arguments, associés à l'existence de connexions anatomiques confirment ainsi l'hypothèse d'une inhumation volontaire.

Par ailleurs, au cours de la fouille, les restes de trois nouveaux Néandertaliens, deux enfants et un second adulte, ont été identifiés, suggérant une occupation assez longue du site par des groupes familiaux. Ces travaux prouvent l'existence d'une sépulture néandertalienne et témoignent également de l'émergence d'une pensée symbolique complexe au sein des populations en Europe.

Source : Sciences et Avenir du 26/12/2013