vendredi 7 février 2014

Plus de Neandertal en nous ?

En comparant des génomes ancien et modernes, des scientifiques américains ont découvert qu’environ 20% du génome néandertalien persiste dans les populations humaines actuelles.

ADN. Même si les Neandertaliens ont disparu il y a bien longtemps, il reste un peu de leur ADN chez beaucoup d’entre nous, révèle une nouvelle étude publiée dans la revue Science. Et cette quantité d’ADN a beau être limitée au sein de chaque individu, la somme cumulée de génome néandertalien qui persiste chez les tous êtres humains actuels s’élève... à 20%.

Un prolongement de résultats de 2010

L’équipe de Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck de Leipzig, avait démontré en 2010, qu’1 à 4% du génome de l’homme moderne se composait de gènes néandertaliens. Depuis cette date plusieurs équipes planchent sur ces séquences génétiques issues de l’homme de Neandertal. Une équipe de l’université de Washington a ainsi entrepris de les identifier. Ils ont alors remarqué qu’elles variaient selon les individus. Les chercheurs ont donc émis l’hypothèse qu’une plus grande quantité du génome néandertalien était présente chez sapiens.

Pour confirmer leur idée, les chercheurs ont mis au point une méthode utilisant le génome néandertalien de référence utilisé par Svante Pääbo afin d’identifier les séquences d’ADN ancien chez les humains d’aujourd’hui, à l’exception de ceux originaires d’Afrique. Le génome de Neandertal a en effet plus de similitudes avec populations non-africaines, sans doute parce que les premiers croisements entre sapiens et néandertaliens ont eu lieu en Asie ou en Europe du Sud. L'équipe de Washington a donc séquencé et analysé le génome de 600 personnes venant d’Europe ou d’Asie de l’Est.

D’autres gènes à découvrir ?

En comparant les génomes ancien et modernes, les chercheurs ont découvert qu’environ 20 pour cent du génome néandertalien persistait dans les populations humaines actuelles. Des séquences d'ADN néandertaliens sont notamment trouvées dans des régions liées à la régulation de la pigmentation de la peau.

L'acquisition de ces variantes a pu permettre à l’Homo sapiens de d’adapter plus rapidement aux conditions locales lors de ces migrations estiment les auteurs. Ils ont également identifié de grandes régions du génome moderne dépourvu d’ADN néandertalien, ce qui suggère que certaines parties devaient être délétères.

Dans l'avenir, je pense que les scientifiques seront en mesure d'identifier l'ADN des autres hominidés éteints en analysant les génomes des humains modernes" - Benjamin Vernot, généticien.

POTENTIEL. Outre ces nouveaux résultats, cette étude indique qu’il est possible de "déterrer" dans le génome de l’homme des restes de gènes appartenant à une autre espèce avec laquelle il s’est croisé. Les auteurs pensent qu’à l’avenir, leur méthode permettra d’identifier les traces génétiques d’autres espèces d’hominidés. "Nous avons le potentiel de découvrir et de caractériser d’autres espèces d’humains archaïques précédemment inconnues qui ont côtoyé les premiers hommes modernes" conclut Joshua M. Akey, un des auteurs.



Source : Sciences et Avenir du 31/01/2014