mercredi 6 août 2014

Le "petit homme" de Florès devait être trisomique, mais pas une nouvelle espèce

HISTOIRE – Il a été découvert en septembre 2003 dans une grotte de l'île indonésienne de Florès, dont il a pris le nom. L'homme de Florès, considéré comme le représentant d'une espèce disparue de l'ordre des primates, ne serait en fait pas celui que l'on croit. Une nouvelle analyse des fragments d'ossements découverts révèle des indices de mongolisme.

Bien que ce spécimen ait vécu il y a moins de 15.000 ans, une comparaison de ses traits anatomiques avec ceux d'hominidés antérieurs a conduit de nombreux paléontologues à conclure qu'ils étaient en présence d'une nouvelle espèce, le chaînon manquant entre l’Australopithèque et l’Homo Sapiens. Mais cette théorie suscite de nombreuses controverses.

Au cours de la plus récente analyse des traits de l'Homo floresiensis, les chercheurs ont constaté une erreur dans l'estimation initiale du volume de la boîte crânienne de "LB1" et une sous-estimation de sa taille. Selon les nouveaux calculs, le crâne avait une contenance d'environ 430 millilitres, soit près de 16% de plus que calculé précédemment.

"Cette différence est importante car elle situe la taille du cerveau dans celle d'humains modernes qui sont trisomiques et vivent dans la même région", explique Robert Eckhardt, professeur de génétique à l'Université de Pennsylvanie, l'un des principaux auteurs de l'étude parue dans les Comptes rendus de l'académie américaine des sciences (PNAS).

L'estimation initiale "erronée" de la taille de l'homo floresiensis (estimée à environ un mètre) a également été revue à la hausse à 1,26 m. Cette taille correspond également aux tibias plus courts de personnes aujourd'hui diagnostiquées de trisomie 21, précisent les chercheurs.

Ils ont aussi constaté une asymétrie cranio-faciale typique des trisomiques.

Tout en concédant que les traits anatomiques de l'homme de Florès sont inhabituels, Robert Eckhardt relève "qu'ils ne sont pas pour autant uniques et aussi rares pour en conclure qu'il s'agit d'une nouvelle espèce d'hominidé".

Selon les descriptions faites jusqu'alors, l'Homo floresiensis est doté d'une tête anormalement petite par rapport à son corps, contenant un cerveau d'une taille similaire à celui d'un chimpanzé.

Parfois surnommés "Hobbits" comme les personnages du "Seigneur des anneaux" de Tolkien, leur origine et leur anatomie reste ainsi au cœur d'une vive controverse depuis la découverte des fossiles.

Selon des chercheurs japonais, qui ont notamment passé au scanner 3D le crâne de ce spécimen, l'homme de Florès serait un descendant perdu d'Homo erectus ("homme debout"), qui aurait progressivement rapetissé au fil des générations pour adapter ses besoins à des ressources peu abondantes.

Source : Huffington Post du 05/08/2014