vendredi 6 mars 2015

La découverte d'un fossile africain repousse l'origine du genre humain de 400 000 ans

Vieille de 2,8 millions d’années, une mandibule retrouvée en Éthiopie semble, selon toute vraisemblance, appartenir à un individu du genre Homo, repoussant l’origine de cette lignée de 400.000 ans.

Et si l'histoire du genre humain avait commencé encore plus tôt qu'on ne pense ? Lors de fouilles menées en Éthiopie, une équipe américaine de paléontologues a réalisé une découverte bouleversante. Les chercheurs ont mis en évidence une portion de mâchoire vieille de 2,8 millions d’années.

La singularité du fossile réside non seulement dans son âge très avancé mais aussi dans ses caractéristiques propres au genre Homo, dont fait notamment partie l’homme moderne. La trouvaille apporte ainsi un nouvel éclairage sur l’histoire de l’évolution humaine, qui pourrait être bien plus vieille que ce qui était jusqu’à présent imaginé.

Les origines ont en effet été repoussées de 400.000 ans. De cette époque, on ne sait actuellement que peu de choses. Il s’agit pourtant d’une étape particulièrement importante marquant la transition entre les animaux arboricoles et les êtres préhumains.

A la recherche d’indices sur les origines du genre humain

Depuis de nombreuses années, les scientifiques sillonnent le continent africain à la recherche d’indice sur les origines de la lignée Homo. Pourtant, jusqu’à présent leurs recherches se sont souvent avérées peu fructueuses. Rares sont en effet les fossiles correspondant à la période de transition, estimée entre il y a 2,5 et 3 millions d'années.

La fameuse mâchoire a été été retrouvée quant à elle il y a deux ans, dans la région Afar, sur une zone de fouille appelée Ledi-Geraru, non loin de celle où la célèbre Lucy a été excavée. Il s’agit d’une mandibule inférieure gauche de huit centimètres de long, ayant appartenu à un individu adulte. La mâchoire, dotée de cinq dents a été soumise à analyses.

Les résultats, publiés dans la revue américaine Science, indiquent que le fossile combine des caractéristiques ancestrales et des traits typiques du genre Homo comme des dents plus petites.

Une nouvelle espèce ?

"La mise au jour de cette mâchoire inférieure aide à réduire le fossé dans l'évolution entre l'Australopithèque - la célèbre Lucy datant de 3,2 millions d'années - et les premières espèces du genre Homo comme l'erectus ou l'habilis", expliquent les auteurs de l’étude, repris par l'AFP. "Ce fossile est un excellent exemple d'une transition des espèces dans une période clé de l'évolution humaine".

Pour l’heure, les chercheurs n’ont pas encore identifié si le fossile est une espèce déjà connue du genre Homo ou une nouvelle espèce encore non identifiée. Il pourrait s'agir d'un individu Homo habilis mais la seule mâchoire pourrait ne pas suffire pour trancher sur la question. Elle donne cependant des informations cruciales sur les premières phase d'évolution de la lignée Homo, qui a suivi celle des Australopithèques.

"En trouvant cette mâchoire, nous avons découvert où cette trajectoire a démarré. C'est le premier Homo. Cela marque selon toute vraisemblance, une transition d'adaptation majeure", a relevé Brian Villmoare de l'Université du Nevada repris par le Guardian. Davantage d’études devraient permettre d’en savoir plus sur ce mystérieux individu.

Source : MaxiSciences du 05/03/2015