jeudi 17 septembre 2015

Homo naledi, l’homme préhistorique qui pourrait bousculer notre arbre généalogique

Mi-homme mi-australopithèque, Homo naledi a été mis au jour dans une grotte d’Afrique su Sud. Il pourrait être le chaînon manquant de l’histoire de notre évolution. Un scoop National Geographic.

Au fond d’une grotte, en Afrique du Sud, une mission paléontologique financée par National Geographic a permis la découverte de centaines d’ossements. Des restes qui dessinent un hominidé d’un genre inédit, baptisé Homo naledi, à mi-chemin entre l’homme moderne et l’australopithèque.

L’aventure commence en 2013 lorsque deux jeunes spéléologues s’aventurent dans la grotte Rising Star, à quelque 50 km de Johannesburg. Après s’être faufilés à travers une étroiture verticale, ils descendent une longue paroi, qui les mène dans une salle où sont éparpillés des ossements et une mâchoire avec ses dents.

Lee Berger, paléoanthropologue à l’université de Witwatersrand (Johannesburg), est immédiatement prévenu. Des fouilles sont organisées dans la foulée. Résultat : 1500 ossements en très bon état de conservation, provenant d’au moins quinze individus de tous sexes et de tous âges (notamment de très jeunes enfants).

Reconstitués par les scientifiques, les squelettes donnent à voir une morphologie inédite : un crâne d’à peine 560 cm3, soit trois fois moins que celui de l’homme actuel, des phalanges courbées qui permettent de grimper aux arbres, mais des pieds et des mains étonnamment semblables aux nôtres. Le bientôt dénommé Homo naledi semble cumuler des caractéristiques à la fois du genre australopithèque et de l’homme moderne.

>> Un étonnant mélange : ce squelette composite révèle la constitution générale d’Homo naledi. Ses épaules, ses hanches et son torse évoquent des hominidés antérieurs. La partie inférieure du corps comporte davantage d’adaptations humanoïdes. Le crâne et les dents montrent un mélange des deux

Son comportement aussi étonne les scientifiques. L’emplacement de la grotte et la disposition des ossements laissent penser qu’ils ont été déposés dans la grotte à dessein, probablement pour les inhumer. Un procédé très avancé et largement inconnu chez les autres hominidés primitifs.

Les recherches n’ont pas permis pour le moment d’établir une datation précise des ossements. Mais certains avancent l’hypothèse qu’Homo naledi soit le chaînon manquant entre l’australopithèque et Homo erectus, notre aïeul supposé qui était doté d’un cerveau et d’une constitution physique proche de la nôtre. Un million d’années sépare ces deux dernières espèces. Un laps de temps qui demeure encore mystérieux aux yeux des scientifiques.

Comment un animal bipède a-t-il évolué vers le genre Homo, une créature non seulement adaptée à son environnement mais capable de le maîtriser en utilisant son esprit ? La découverte d’Homo naledi pourrait apporter des réponses essentielles dans la quête de nos origines.

Source : National Geographic du 16/09/2015