dimanche 13 septembre 2015

Homo naledi : rencontrez cet ancêtre jusqu'ici inconnu

C'est une découverte "remarquable", selon les termes du museum d'histoire naturelle de Londres, qui a été faite dans une grotte en Afrique du Sud. Une équipe de scientifiques a découvert une ancienne espèce humaine jusqu'alors inconnue.

Il s'appelle Homo naledi. Son corps est plus élancé que son ainé Homo sapiens. Il est certes un peu plus petit que nous (1m50 pour 45kg) mais ses mains sont très proches des nôtres, la forme de ses phalanges laisse penser qu'il pouvait manier des outils. Il est même quasi impossible de distinguer ses pieds des nôtres.

Une équipe de scientifiques a découvert dans une grotte d'Afrique du Sud une ancienne espèce humaine jusqu'alors inconnue. Selon John Hawks, chercheur à l'université de Wisconsin-Madison et auteur d'un article publié jeudi dans le magazine scientifique eLife : "Il avait un cerveau minuscule de la taille d'une orange". C'est là qu'il se rapproche plus des australopithèques que de nous.

Une découverte qui remet en question ce que l'on sait de l'humanité

La découverte se trouve être aussi le plus grand échantillon de fossiles hominidés jamais exhumés en Afrique. Au moins 1500 os ont été découvert dans la grotte de "Rising Star" (oui, comme l'émission de M6 mais ça n'a rien à voir). Le nom de ce nouvel hominidé connu est d'ailleurs un hommage au site, "naledi" signifiant étoile en sesotho, comme "star" en anglais. L'exceptionnel site archéologique est d'ailleurs considéré de longue date comme le "Berceau de l'humanité" et classé au patrimoine de l'Unesco.

L'histoire a commencé en 2013. Pendant deux ans, des scientifiques internationaux ont exhumé ces ossements appartenant à une quinzaine d'individus, parmi lesquels des bébés, de jeunes adultes et des personnes plus âgées. Les ossements découverts en Afrique du Sud représentent un défi pour les chercheurs. Ils compliquent un peu plus le tableau des hominidés, car l'espèce découverte présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens.

Cette découverte pourrait donc permettre d'en apprendre davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d'années, entre l'australopithèque primitif et le primate du genre homo, notre ancêtre direct.

Le mystère de la chambre des Homo naledi

Les chercheurs se sont également interrogés sur les raisons pour lesquelles les ossements se trouvaient dans cette chambre difficile d'accès. Le tunnel pour y accéder est extrêmement raide et tellement étroit que seuls des chercheurs à la morphologie menue ont réussi à se rendre sur les lieux de cette découverte majeure. On connaissait déjà cette grotte, mais cette chambre "a toujours été isolée des autres pièces et n'a jamais été en contact avec la surface", selon le communiqué conjoint de l'université du Witwatersrand, de la National Geographic Society et du ministère sud-africain des Sciences.


"Nous avons imaginé plusieurs scénarios, y compris la possibilité de l'attaque d'un carnivore inconnu, une mort accidentelle ou encore un traquenard, explique Lee Berger de l'université de Witwatersrand. On en est arrivé à la conclusion que le scénario le plus plausible était que ces corps avaient été déposés volontairement à cet endroit." Une pratique qui "témoigne d'un comportement étonnamment complexe pour une espèce humaine primitive", conclut le professeur Stringer. L'enterrement cérémoniel étant communément reconnu comme une première marque de civilisation.

Ce n'est qu'un début

Depuis des années, le "Berceau de l'humanité", zone truffée de grottes et de fossiles de pré-humains et véritable mine d'informations sur nos ancêtres, est un trésor pour les archéologues et paléontologues. Et Lee Berger l'assure : la chambre où a été trouvé l'Homo naledi "n'a pas encore révélé tous ses secrets."

Il pourrait y avoir encore des centaines, voire des milliers de fossiles d'Homo naledi à exhumer. Les archéologues minces ont encore beaucoup d'aller-retours à faire.

Source : MetroNws du 10/09/2015