vendredi 25 septembre 2015

L'arbre généalogique de l'Homme bouleversé par l'ADN

Des scientifiques ont séquencé l'ADN d'un ancêtre de l'Homme. Leurs recherches pourraient bien bouleverser l'arbre généalogique de l'espèce humaine en faisant apparaître de manière distincte les ancêtres de l'Homme (homo sapiens) bien plus tôt que ce que l'on pensait dans la chronologie de l'évolution.

C'est en étudiant l'ADN trouvé sur des fossiles trouvés en Espagne et vieux de 300 000 à 400 000 ans que les scientifiques ont identifié ce nouvel ancêtre de l'Homme. Lors de la conférence annuelle de la société européenne pour l'étude de l'évolution humaine, les chercheurs sont revenus sur le long chemin qui a abouti à cette découverte.

Un mystère résolu grâce à l'ADN

Dans les années 90, les ossements de 28 individus ressemblant à ceux des hommes de Néandertal primitifs avaient été découverts à Sima de los Huesos (la fosse aux ossements), dans les montagnes de l'Acapuerca, en Espagne. Ces ancêtres de l'Homme avaient alors été nommés "Homo heidelbergensis" et étaient considérés par la plupart des chercheurs comme les ancêtres directs de l'homme de Néandertal.

Mais en 2013, des recherches ADN effectuées sur l'un des ossements trouvés à Sima de los Huesos ont montré qu'ils étaient sensiblement différents de l'ADN trouvé sur les restes de l'Homme de Néandertal. En revanche, il présentait des similitudes avec les restes de l'homme de Denisova, trouvés en Sibérie. Pour résoudre ce mystère, les scientfiques de l'Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne) avaient alors annoncé leur intention de séquences l'ADN trouvé sur les fossiles en Espagne.

Des ancêtres plus vieux que ce que l'on pensait

Ce travail, long et complexe, a finalement abouti deux ans plus tard, soit cette année. Et les résultats ont montré que l'ADN trouvé à Sima de los Huesos présentait tout de même plus de similtudes avec celui de Néandertal qu'avec celui de l'homme de Denisovans ou de l'homme moderne. "Les specimens trouvés à Sima de los Huesos sont les premiers Neandertal ou de très proches cousins", en ont conclu les chercheurs.

Cela signifie donc que la séparation entre la branche qui aboutit à l’homme moderne, d’une part, et d’autre part celle qui aboutit aux Néandertaliens et aux Denisovans, est plus ancienne que ce que l'on pensait : elle pourrait dater de 550 000 à 765 000 ans. Cette découverte montrerait donc que les ancêtres de notre espèce ont commencé à se singulariser des autres humains archaïques entre 100 000 et 400 000 ans plus tôt que ce que l’on supposait.

Source : Direct Matin du 14/09/2015